C’est une annonce qui a pris de court de nombreux propriétaires. Alors que la rénovation énergétique s’impose comme un levier clé de la transition écologique, MaPrimeRénov’ sera suspendue à compter du 1er janvier 2026, a confirmé le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, faute de budget voté par le Parlement. «Pas de budget, pas de guichet», a-t-il déclaré, officialisant la fermeture du dispositif phare destiné à soutenir les travaux d’efficacité énergétique.

Cette suspension intervient alors que les obligations pesant sur les propriétaires se multiplient, notamment pour les logements les plus énergivores. Interdictions de mise en location, exigences accrues en matière de DPE et pression réglementaire renforcent le sentiment d’urgence, au moment même où le principal soutien financier de l’État disparaît.

Un éventail d’aides pour alléger vos travaux

Pour autant, la disparition temporaire de MaPrimeRénov’ ne signifie pas la fin de toute aide. D’autres dispositifs resteront mobilisables en 2026, à condition d’en connaître les règles et les limites.

Premier levier encore actif : les certificats d’économies d’énergie (CEE). Financé par les fournisseurs d’énergie, ce dispositif permet d’obtenir des primes pour certains travaux comme l’isolation, le changement de chauffage ou l’installation d’équipements performants. Les montants varient selon les revenus et la nature du chantier, mais peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros. En contrepartie, les démarches sont souvent plus techniques et les offres très variables selon les opérateurs.

Autre outil à ne pas négliger : l’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ). Accessible sans condition de ressources, il permet d’emprunter jusqu’à 50 000 euros pour financer des travaux de rénovation énergétique, sans payer d’intérêts. Une solution intéressante pour lisser le coût des travaux dans le temps, notamment en l’absence de subvention directe.

Les particuliers peuvent également compter sur la TVA réduite à 5,5 % pour les travaux d’amélioration énergétique, ainsi que sur les aides locales, proposées par certaines régions, départements ou collectivités. Des dispositifs souvent méconnus, mais qui peuvent compléter un plan de financement, à condition d’anticiper.

Dans ce nouveau contexte, la fin de MaPrimeRénov’ en 2026 risque de rebattre les cartes pour de nombreux ménages. Les propriétaires de logements énergivores, déjà confrontés à des obligations réglementaires de plus en plus strictes, devront composer avec un système d’aides plus fragmenté et parfois moins lisible. Sans subvention phare pour guider les décisions, la rénovation énergétique devient avant tout un arbitrage financier.

Comparer les dispositifs, sécuriser les devis et anticiper les délais sera indispensable pour éviter que la facture des travaux ne pèse durablement sur le budget des ménages. En 2026, rénover restera possible, mais au prix d’une vigilance accrue et d’une stratégie bien rodée.