Les années se suivent et les smartphones se ressemblent. Si ce n’est pas le cas chez tous les constructeurs, Samsung s’inscrit bel et bien dans cette mouvance. Son nouveau Galaxy A57 semble tout droit sortir du même moule que son prédécesseur, le Galaxy A56 5G. Une ressemblance non seulement en apparence mais aussi sous le capot. À croire que le Coréen est passé maître dans l’art du recyclage. Pourtant, c’est au Galaxy A57 d’endosser le rôle du mobile de milieu de gamme le plus élaboré de la marque. Un statut revendiqué depuis plusieurs années et qui permet au Coréen d’occuper une place de choix dans les rayons. Mais cette année, les choses changent. La concurrence menée par plusieurs marque chinoises mais aussi par Google avec ses Pixel de la gamme A pourrait bien perturber les plans de Samsung pour rafler la mise. D’autant qu’avec un prix en hausse, le Galaxy A57 part avec un handicap supplémentaire. Nous avons passé plusieurs semaines à trimballer le Galaxy A57 pour vérifier si le roi du milieu de gamme mérite de conserver sa couronne et sa place dans notre guide des meilleurs smartphones.

Design et connectique : un look toujours aussi premium (4/5)

S’il faut bien reconnaître une qualité à Samsung, c’est que ses designers ne transigent pas sur la qualité de fabrication, quel que soit le niveau de gamme de ses appareils. Dans le cas du Galaxy A57, l'appareil pourrait très bien passer pour un modèle bien plus haut de gamme. Cadre en métal, dos en verre (Gorilla Victus+) et finitions impeccables donnent au Galaxy A57 cette touche d’élégance qui fait parfois défaut chez la concurrence.

© Fabrice Brochain pour Capital

Par ailleurs, l’appareil a subi une petite cure amincissante par rapport à son prédécesseur. Son épaisseur affiche aujourd’hui 6,9 mm contre 7,4 mm pour le A56. Plus fin, il se montre aussi plus léger de 19 g pour atteindre aujourd’hui 179 g. Cela n’a l’air de rien mais pour ce gabarit qui reste plutôt grand (161,5 x 76,8 mm), c’est très appréciable. Il en résulte une prise en main très agréable avec un poids bien réparti.

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Pour le reste, Samsung campe sur ses positions avec des tranches plates aux coins arrondis et une dalle toute aussi plate. La formule est éprouvée et ne mérite pas aux yeux du Coréen de subir la moindre altération. Idem pour le positionnement des modules photo au dos de l’appareil. Ils restent sagement alignés à la verticale et reposent, comme sur le Galaxy A37 testé précédemment, sur un plateau de plastique translucide.

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Le bloc dépasse légèrement du cadre et provoque un inévitable déséquilibre lorsque l’appareil repose sur le dos. Rien de rédhibitoire toutefois, on a vu pire. Enfin, le nouveau Galaxy progresse sur l’étanchéité profitant aujourd’hui d’un indice IP68 (contre IP67 sur le A56) pour résister aussi bien à la poussière qu’à un plongeon dans l’eau douce par 1,5 m de fond pendant une demi-heure.

Côté connectivité, le Galaxy A57 joue une partition qui colle bien à sa catégorie. Il exploite le Wi-Fi 6E sur les trois bandes de fréquences (2,4 GHz, 5 GHz et 6 GHz) et adopte le Bluetooth 6. La connexion 5G reste au rendez-vous avec un tiroir double SIM et la compatibilité eSIM. Le NFC répond également présent pour le paiement sans contact. Reste le port USB-C qui se contente malheureusement de la norme USB 2.0. Il représente également le seul moyen de recharger l’appareil puisque la recharge sans fil demeure la chasse gardée des gammes S et Z du constructeur.

Écran : un grand format lumineux et confortable (4,5/5)

Samsung a équipé son Galaxy A57 d’une dalle assez classique. Un modèle Super AMOLED de 6,7 pouces soit, la même taille que sur le A56 mais il paraît un poil plus grand en raison des bordures plus fines. L’écran présente une définition de 1080 x 2340 pixels pour une résolution de 385 ppp. Du classique on vous dit, jusque dans le rafraîchissement dynamique qui s’opère entre 60 et 120 Hz.

Pour la luminosité, cela reste assez confortable. Avec notre sonde, nous avons pu mesurer un pic à 1681 cd/m2 en HDR et 1833 cd/m2 en activant la luminosité adaptative. Pas très éloigné des 1900 cd/m2 promis par Samsung donc. Une dalle qui se révèle suffisamment lumineuse pour autoriser une bonne lisibilité en plein soleil. Mais gare aux reflets dans l’écran puisque le revêtement Gorilla Victus+, qui la protège, se montre un peu trop brillant.

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Pour la colorimétrie en revanche, c’est un sans-faute. Quel que soit le mode retenu, Vif ou Naturel, la dalle du Galaxy A57 reste rigoureuse. Nous avons pu mesurer un Delta E à 2,6 avec les couleurs vives et 1,66 avec les couleurs naturelles. Dans les deux cas, le résultat demeure inférieur au seuil de 3 à partir duquel l’œil humain perçoit les différences entre la source originale et la version affichée à l’écran.

Performances : Samsung trouve le juste milieu (4/5)

Comme le Galaxy A37, le Galaxy A57 s’appuie cette année sur un processeur Exynos. Mais ici, Samsung ne procède pas à du recyclage. L’Exynos 1680 présent dans l’appareil est inédit. Ce SoC gravé en 4 nm se dote de huit cœurs (un Cortex-720 à 2,9 GHz, quatre Cortex-720 à 2,6 GHz et trois Cortex-520 à 1,95 GHz). Le GPU est constitué d’un Xclipse 550. Le tout est secondé par 8 Go de RAM et 256 Go d’espace de stockage sur notre exemplaire de test.

Ce nouveau SoC ne s’en sort pas trop mal. Il s’élève à la hauteur d’un Snapdragon 7 Gen4 de Qualcomm que l’on trouve généralement à bord des smartphones concurrents dans la même tranche de prix ou même le Tensor G4 qui équipe les Pixel 9a et 10a.

Au quotidien, ce SoC se montre aussi plus agréable à vivre que le vieillissant Exynos 1480 retenu pour le Galaxy A37. Nous n’avons pas ici rencontré de ralentissements ou de saccades dans le maniement de l’interface. La réactivité est au rendez-vous et le smartphone se révèle agréable à utiliser. La chauffe est également bien maîtrisée grâce à une chambre à vapeur dont la taille serait équivalente à celle d’un Galaxy S25+ selon la marque.

Nous n’avons pas non plus rencontré de phénomène de throttling (ralentissement de la cadence du processeur pour éviter la surchauffe) sur nos stress tests. En jeu, il se défend là aussi plutôt bien pour sa catégorie même si le Ray tracing lui est inaccessible. Avec notre titre de référence, Genshin Impact, nous avons pu nous détendre avec un rafraîchissement à 60 images par seconde et un niveau de détails calé sur moyen. En se montrant plus exigeant sur la qualité d’affichage, le smartphone a grimpé en température pour atteindre 46°C au dos.

One UI 8.5 et des fonctions IA plus élaborées

Le petit Exynos 1480 du Galaxy A37 donne accès à un maigre échantillon du vaste catalogue de fonctions d’intelligence artificielle que peuvent faire tourner les smartphones haut de gamme de Samsung. Le Galaxy A57 en donne un peu plus mais pas trop non plus. D’ailleurs, on ne parle pas ici de Galaxy AI mais plutôt de « fonctions intelligentes ». On y trouve pêle-mêle l’Effaceur d’objet, l’option Meilleure pose (pour les photos de groupe), les Suggestions de retouche, le Montage par IA (pour les vidéos), la Sélection IA ou encore la Transcription vocale. Un bon aperçu qui pourrait donner envie de se tourner ultérieurement vers un mobile de la gamme S pour en avoir plus. C’est du moins ce qu’espère Samsung.

Photo : un air de déjà vu lassant (3,5/5)

Pour la monture photo de ce Galaxy A57, Samsung applique la même recette que pour son A37 en recyclant sans vergogne l’équipement du A56 de l’an passé. L’appareil se dote ainsi d’un grand-angle de 50 Mpx (f/1,8), un ultra grand-angle de 12 Mpx (f/2,2) et un objectif macro de 5 Mpx (f/2,4). On note par ailleurs que seul l’ultra grand-angle diffère du petit frère A37. Le reste est équivalent. En façade, la caméra selfie est, elle aussi, identique à celle de l’année dernière avec son capteur de 12 Mpx (f/2,2). Dans l’ensemble, on retrouve donc une monture connue, éprouvée mais sans la moindre audace.

© Fabrice Brochain pour Capital

Avec le grand-angle (eq 23 mm), le Galaxy A57 s’en sort honorablement lorsque les conditions lumineuses sont bonnes. Le capteur de 50 Mpx fournit des clichés suffisamment détaillés avec un bon maintien des couleurs. La netteté est également au rendez-vous.

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Comme en témoignent les clichés obtenus sur notre mire de test, la montée en sensibilité du capteur traduit une perte importante et rapide des détails. À 2500 ISO, le lissage est déjà plus prononcé que chez les concurrents directs comme le Pixel 9a/10a à 3200 ISO. Néanmoins, les couleurs restent cohérentes.

Cela se constate aussi dans la réalité. Lorsque l’ambiance s’obscurcit, le Galaxy A57 tente d’enjoliver la situation, quitte à perdre en naturel. Sur la photo ci-dessous, le bâtiment ressemble par endroits à un décor de cinéma en carton-pâte.

© Fabrice Brochain pour Capital

Le module ultra grand-angle (eq 13 mm) ne donne pas vraiment satisfaction. La netteté n’est pas toujours au rendez-vous tant au centre que sur les bords de l’image qui subissent d’ailleurs d’une belle distorsion. Quant aux couleurs, elles souffrent également d’un mauvais traitement en tirant légèrement sur le rouge.

De nuit, l’ultra grand-angle n’est vraiment pas à la hauteur avec une perte cruelle de détails, due à un lissage trop agressif pour tenter de sauver l’image.

© Fabrice Brochain pour Capital

Ne cherchez pas de zoom optique, il n’y en a pas. Pour compenser cette absence, il faut s’en remettre au zoom numérique. Dans cet exercice, le Galaxy A57 fait le job jusqu’au x2. Les détails sont encore bien présents et les couleurs ne pâtissent pas du grossissement. Avec le zoom x4, l’affaire se corse. L’effet aquarelle commence à se manifester pour compenser la perte de détails. En x10, grossissement maximal proposé par le A57, le clichés ne sont plus exploitables.

Le mode portrait n’est pas inintéressant. Même si le traitement logiciel a la main plutôt lourde sur le détourage en éliminant certains détails de l’équation comme des mèches de cheveux ou des poils rebelles, il permet d’obtenir des clichés assez satisfaisants.

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Reste enfin le module macro. Comme sur le Galaxy A37, il fait de la figuration avec son capteur de 5 Mpx. On lui préfère le zoom x2 ou x4 du capteur principal (50 Mpx) plus à l’aise pour restituer les détails.

Autonomie et recharge : du mieux sans être exceptionnel (4/5)

Pour ce Galaxy A57, Samsung recycle également la batterie de 5000 mAh présente dans le A56 de l’an dernier… et dans le A55 de 2024. Après tout, pourquoi changer si l’efficacité est au rendez-vous. Eh c’est bien le cas. L’optimisation entre la surcouche logicielle One UI 8.5 et le processeur maison Exynos semble jouer en faveur de l’appareil. Avec notre test de lecture vidéo 4K en streaming (luminosité de l’écran calée à 200 cd/m2 et volume sonore à 50 %) le A57 a tenu 26h48. C’est 4h22 de plus que son prédécesseur tout de même. Appréciable. Avec un usage raisonnable du mobile, il est possible de tenir une journée entière et même un peu plus. En puisant un peu plus intensément dans ses ressources (jeux, guidage GPS, écran très lumineux), il finira la journée sur la réserve.

© Fabrice Brochain pour Capital

Quant à la recharge, la puissance maximale reste figée à 45W. Le chargeur n’étant pas fourni (législation européenne), nous l’avons branché à un charger Anker nano de 45W. Au bout d’un quart d’heure, l’appareil a récupéré 29 % de batterie puis 67 % en 30 minutes. Les 100 % sont atteints en 78 minutes. De meilleurs résultats sont probables avec un chargeur maison facturé 49 euros.

Durabilité et réparabilité : un exemple à suivre sauf pour l’assemblage (4/5)

Comme le Galaxy A37, le A57 se voit attribué la note A sur son étiquette énergétique européenne. Mais, s’il se montre visiblement plus résistant au chutes libres répétées (avec la note de A contre un B pour le A37), il accuse le même classement pour sa réparabilité soit un C. En cause, les mêmes défauts : profondeur d’assemblage, éléments de fixation et outils nécessaires pour le démontage. Même si l’opération semble réalisable par un bricoleur averti, elle reste visiblement compliquée.

© Fabrice Brochain pour Capital

C’est d’autant plus regrettable que Samsung est un bon élève dès qu’il s’agit de réparation grâce à son programme Self Repair qui permet de mettre la main sur la documentation nécessaire et les pièces détachées. Le Coréen propose ainsi sur son site français un vaste catalogue de pièces de rechange pour son A57 comme l’écran (86,90 euros), la batterie, (33,67 euros), la caméra selfie (24,87 euros) ou encore, la très onéreuse vitre arrière (126,77 euros).

Côté logiciel, Samsung reste dans le top des meilleurs élèves avec 6 ans de mise à jour système et de correctifs de sécurité assurés. De quoi voir venir jusqu’en 2032.

Les meilleures alternatives au Samsung Galaxy A57 5G

Google Pixel 9a

Si la photo reste un critère important dans votre choix, le smartphone de Google sorti l’an passé (son successeur le Pixel 10a ne fait pas mieux) se présente comme un bon candidat avec toutefois une autonomie inférieure à celle du Galaxy A57 5G.

Realme 16 Pro+ 5G

Avec un volet photo solide qui embarque un téléobjectif optique x3,5 et une batterie de 7000 mAh, ce modèle de Realme représente une concurrence sérieuse et non moins abordable face au Galaxy A57.

Conclusion

Avec le Galaxy A57 5G, Samsung prouve une fois de plus qu’il sait faire de beaux smartphones, même dans le milieu de gamme. Difficile de lui reprocher quoi que ce soit sur ce critère. La firme maîtrise également l’affichage avec un écran toujours agréable à l’œil et suffisamment lumineux. Mais en 2026, ces deux seuls atouts ne suffisent plus. Surtout face à une concurrence chinoise acharnée qui en donne plus pour un tarif équivalent, voire inférieur. Samsung se repose trop sur ses lauriers et le manque d’audace ou d’innovation, notamment sur le volet photo, pourrait bien lui jouer des tours. Le Galaxy A57 5G n’est pas un mauvais smartphone mais son retard technique et ses propositions tant matérielles que logicielles ne lui permettent pas de revendiquer la couronne transmise de générations en générations.

  • Design et connectique : 4/5
  • Écran : 4,5/5
  • Performances : 4/5
  • Photo : 3/5
  • Autonomie : 4/5
  • Réparabilité : 4/5

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