Les smartphones de milieu de gamme profitent généralement des évolutions techniques et technologiques des modèles haut de gamme d’une ou de deux générations précédentes. Généralement seulement car, depuis quelques années, certains constructeurs, chinois pour la majorité, ont décidé de hausser le ton. Honor, Realme, OnePlus, Xiaomi, Oppo ou encore Nothing ne se contentent plus de doter leur mobiles plus accessibles de fonctions éprouvées quelques années auparavant. Si bien que ces appareils peuvent parfois rivaliser sans trop de difficultés avec des modèles plus onéreux.

Et Samsung dans tout ça ? Eh bien il semble que la firme coréenne n’ait pas encore adopté cette stratégie. Ses Galaxy A, notamment les séries A3x et A5x se vendent très bien depuis des années sans qu’ils n’aient besoin de venir marcher sur les plates-bandes des Galaxy S, les modèles premium du constructeur.

C’est dans ce contexte que débarque sur les étals le Galaxy A37. Un smartphone au design toujours aussi soigné et aux ambitions inchangées depuis des années. Le charme va-t-il opérer une fois de plus ? Est-il toujours à même de figurer dans notre guide des meilleurs smartphones ? Verdict dans ce test après plusieurs semaines en compagnie du Galaxy A37.

Design et connectique : dans la lignée et toujours un brin en retard (3,5/5)

Le Galaxy A37 ne peut renier son ascendance. Au premier coup d'œil, il est facile de l’associer à la grande lignée des smartphones Samsung… mais avec un niveau de qualité un cran en dessous des autres. Son boîtier est constitué de plastique. Pour faire illusion, et lui donner plus d’allure, Samsung a recouvert son dos d’un revêtement en verre Gorilla Victus+. Bonne initiative mais il accroche toutes les traces de doigts.

© Fabrice Brochain pour Capital

Toujours au dos, les trois modules photo demeurent sagement alignés à la verticale ? Ils reposent sur un plateau de plastique légèrement translucide. Et c’est le seul élément qui le distingue de son aîné, le Galaxy A36 sorti l’an passé. Pour le reste rien ne change. Le gabarit demeure strictement identique avec ses 16,29 cm de haut pour 7,82 cm de large et une épaisseur de 0,74 cm. Son poids évolue de façon négligeable avec 1 gramme de plus (196 g). Si la prise en main reste indéniablement excellente, Samsung ne prend aucun risque.

© Fabrice Brochain pour Capital

Difficile de distinguer ce nouvel arrivant de son prédécesseur. Il existe pourtant une petite différence, invisible à l’œil nu : le Galaxy A37 bénéficie d’un indice IP68 contre IP67 pour le A36. De quoi survivre à un plongeon accidentel dans la piscine pendant 30 mn par 1,5 m de fond.

Côté connectique, c’est même un petit retour en arrière que nous propose la marque coréenne. Si le Wi-Fi reste cantonné à la norme 802.11ax (Wi-Fi 6), le Bluetooth passe quant à lui de la version 5.4 à la version 5.3 sur ce mobile. En cause, le SoC retenu qui ne le prend pas en charge. Quant au port USB-C, il reste ancré dans les années 2000 puisqu’il adopte la norme USB 2.0. Sur ce point, aucun effort n’a été fourni. Le reste de l’équipement atteint toutefois les exigences actuelles avec la compatibilité 5G et la gestion des cartes eSIM.

Écran : quelques points de luminosité supplémentaires (4/5)

Samsung ne fait pas de folie pour l’afficheur de son milieu de gamme. Le A37 bénéficie d’un écran Super AMOLED de 6,7 pouces offrant une définition de 2340 x 1080 pixels (soit FHD+ pour une résolution de 385 ppp. Le rafraîchissement dynamique alterne entre 60 et 120 images par seconde au maximum. Côté luminosité, le Coréen promet du mieux avec un pic pouvant atteindre 1900 cd/m2. Sous notre sonde, nous avons pu mesurer un pic à 1733 cd/m2 en HDR et 1811 cd/m2 en luminosité adaptative. Ce qui se révèle plutôt confortable pour lire aisément les contenus affichés sous les rayons du soleil. Mais gare toutefois aux reflets. Nous avons trouvé le revêtement Gorilla Victus+ particulièrement brillant.

© Fabrice Brochain pour Capital

Quant à la fidélité des couleurs, le Galaxy A37 reste dans les clous. Il propose deux modes, Vif et Naturel. Dans le premier cas, le Delta E atteint 2,9, dans le second, il descend à 1,71. Là encore, la dalle du Galaxy A37 fournit un bon équilibre pour ne pas dénaturer les couleurs présentées.

Performances : quelques ralentissements à prévoir (3/5)

Adieu Snapdragon, bonjour Exynos ! Une fois encore, Samsung change de crèmerie pour animer son smartphone. Le SoC de Qualcomm (Snapdragon 6 Gen 3) cède donc cette année sa place à un SoC maison, l’Exynos 1480, celui-là même que l’on trouve à bord du Galaxy A55 sorti il y a deux ans déjà. Il ne faut donc pas s’attendre à des performances exceptionnelles avec ce processeur gravé en 4 nm et doté de huit cœurs (4 Cortex-A78 à 2,75 GHz et 4Cortex-A55 à 2 GHz), auquel s’ajoute un GPU Xclipse 530. Le tout est épaulé par 6 Go de RAM pour 128 Go de stockage ou 8 Go si l’on opte pour la version 256 Go, comme notre exemplaire de test.

Ainsi armé, le Galaxy A37 présente des résultats bruts conformes aux attentes. Il marque une légère progression face au Galaxy A36 de l’an passé (+15% en monocœur et +20 % en multicœur). Par ailleurs, la chauffe se montre bien maîtrisée, tout comme le throttling (lorsque la cadence du processeur diminue pour éviter la surchauffe).

© Fabrice Brochain pour Capital

C’est cependant à l’usage que les limites se font ressentir. Nous avons pu constater quelques ralentissements avec une dizaine d’applis ouvertes. Des temps de latence également avec des menus qui ne se déroulent pas immédiatement ou des boutons virtuels qui mettent du temps à réagir. Plus flagrant encore, à la nuit tombée, l’appareil photo présente à l’écran des images saccadées au moindre mouvement. Le cadrage n’en devient que plus difficile. Quant au jeu, ce n’est vraiment pas sa tasse de thé. Si le A37 ne rechigne pas à divertir avec quelques titres légers pour du jeu occasionnel, il ne convient pas pour des titres plus gourmands avec un manque flagrant de fluidité sauf à abaisser le niveau de graphisme.

One UI 8.5 à la manœuvre

Smartphone de 2026, le Galaxy A37 profite comme les modèles haut de gamme de la famille S de la dernière version de la surcouche logicielle de Samsung, One UI 8.5. Elle vient se superposer à Android 16. Mais ne vous attendez évidemment pas à profiter de toute la palanquée de fonctions IA que l’on trouve à bord des S26. Le Galaxy A37 assure le service minimum.

© Fabrice Brochain pour Capital

On y retrouve la version un peu plus élaborée de Entourer pour chercher de Google, pour obtenir des infos sur plusieurs éléments affichés à l’écran, l’outil Meilleure pose qui facilite les photos de groupes, la Sélection IA qui simplifie les détourages dans les images et enfin une correction du HDR dans les prises de vue, tout droit récupérée du Galaxy A56. C’est peu court et surtout bien en dessous de ce que peut proposer la concurrence chinoise.

Photo : une monture un peu trop datée (3/5)

Surtout, ne rien changer. Si Samsung applique cette stratégie au design de son appareil, elle est également de mise pour la monture photo. Comme sur le A36 de l’an passé, les trois mêmes modules s’empilent au dos du smartphone. Un grand-angle de 50 Mpx (f/1,8) au capteur un poil plus grand il est vrai, un ultra grand-angle de 8 Mpx (f/2,2) et un objectif macro de 5 Mégapixel (f/2,4). À l’avant, l’histoire se répète aussi avec la caméra selfie de 12 Mpx (f/2,2). Un maigre arsenal hérité du A36 qui lui-même l’avait récupéré du A35. Côté surprise, c’est raté.

© Fabrice Brochain pour Capital

De jour, le grand-angle s’en sort convenablement. Sur notre mire de test, les détails sont plutôt bien restitués. Les couleurs sont bien restituées sans tomber dans l’excès.

Le traitement de l’image se montre également raisonnable même lorsqu'on monte en sensibilité. Le lissage se remarque, mais les images demeurent cohérentes et lisibles. À noter que pour cet appareil, il nous a été impossible de récupérer des fichiers RAW (brut capteur sans traitement logiciel).

© Fabrice Brochain pour Capital

Lorsque la lumière décroît, le grand-angle continue donc à bien travailler. Inévitablement, des détails se perdent, des halos se forment autour des sources lumineuses mais le résultat reste suffisant tant que l’on n’affiche pas les images sur un grand écran.

© Fabrice Brochain pour Capital

L’ultra grand-angle de son côté peine vraiment à convaincre. La netteté n’est pas systématiquement au rendez-vous, tant au centre qu’en périphérie de l’image.

© Fabrice Brochain pour Capital

De nuit, ce constat s’amplifie. Même quelques secondes de pose ne conduisent pas toujours à un bon résultat tant l’appareil s’avère sensible aux mouvements lorsque l'on photographie à main levée.

© Fabrice Brochain pour Capital

Toujours pas de téléobjectif sur ce modèle de Samsung. En conséquence, il faut se contenter d’un zoom numérique. Aussi, en x2, les images restent assez cohérentes. La luminosité chute pendant que le niveau de contraste augmente pour faire ressortir les contours. Parfois, cela fonctionne, parfois non.

© Fabrice Brochain pour Capital

Au-delà du zoom x2, (le A37 offre un grossissement jusqu’au x10) les clichés ne sont plus vraiment exploitables. Flous, bruités, ils semblent parfois être peints à l’aquarelle. À éviter.

Le mode portrait ne s’en sort pas trop mal. Il n’excelle pas dans le détourage avec les petits éléments comme les cheveux mais parvient tout de même à délivrer des clichés satisfaisants.

© Fabrice Brochain pour Capital

Enfin, l’objectif macro, puisqu’il est là, demande une bonne dose de concentration pour se montrer efficace. Le flou de bougé est difficilement évitable. Néanmoins, lorsque toutes les bonnes conditions sont réunies, les clichés restent acceptables. Mais l’astuce pour obtenir de bons résultats consiste à se passer de l’objectif macro et à miser sur le grand-angle avec un zoom x2 ou x4.

Samsung devrait sérieusement commencer à se pencher sur les pratiques de la concurrence qui n’hésite pas à installer un zoom optique bien plus souvent mis à contribution que l’objectif Macro servi depuis des années. Rien que sur ce détail, le Galaxy A37 prend un sacré coup de vieux par rapport à Nothing par exemple qui exploite un zoom x3,5 sur son Phone (4a) vendu au même prix.

Autonomie et recharge : dans la moyenne, sans plus (4/5)

Les batteries silicium-carbone en vogue chez la concurrence ne semblent toujours pas satisfaire Samsung. Le Galaxy A37, comme ses prédécesseurs, mise ainsi sur un accu Lithium-Ion plus traditionnel. Il affiche ici une capacité de 5000 mAh, le minimum à l’heure où, là encore, la concurrence mise sur des batteries bien plus conséquentes.

Il n’empêche, Samsung maîtrise ici le matériel avec sa puce Exynos et le logiciel avec sa surcouche One UI 8.5. Et cette alliance donne de bons résultats. Avec notre test de lecture vidéo 4K en streaming (luminosité bloquée à 200 cd/m2, rafraîchissement de l’écran à 60 Hz et son à 50 %), le Galaxy A37 a tenu 23 heures. Un score assez bon qui permet d’envisager, en usage plus classique, une endurance d’une bonne quinzaine d’heures. Ce n’est pas le meilleur dans ce domaine, mais c’est déjà pas mal. Le A37 se trouve dans la moyenne haute, et plutôt sur le haut du panier dans sa tranche tarifaire.

© Fabrice Brochain pour Capital

Quant à la recharge, Samsung reste bloqué à 45W (comme sur le A36). Avec notre chargeur Anker nano de 45 W justement, il a pu récupérer 35% de batterie en 15 minutes, puis 65 % en une demi-heure. Comptez 1h12 mn pour refaire le plein à 100 %. Un score dans la bonne moyenne à nouveau pour ce niveau de prix.

Durabilité et réparabilité : un démontage toujours délicat (4/5)

Le Galaxy A37 revendique fièrement un A sur son étiquette énergétique européenne. Plutôt satisfaisant pour un smartphone de cette tranche de prix. Mais comme d’habitude, le diable se cache dans les détails. Pour sa solidité, il récolte un B. Sa résistance aux chutes répétées est plutôt bonne mais il obtient un 5/10 sur la résistance aux rayures de son écran sur l’échelle de Mohs (qui compte 10 niveaux).

© Fabrice Brochain pour Capital

C’est surtout la réparabilité qui est pointée du doigt avec une note de C. En cause, la profondeur d’assemblage et les outils nécessaires pour le démontage. De la colle utilisée en grande quantité implique un démontage rigoureux à opérer avec minutie pour les plus bricoleurs ou sinon, par un professionnel. Le programme Self Repair de la marque reste évidemment salué puisqu’il met à disposition de tout un chacun non seulement la documentation nécessaire mais aussi les pièces détachées. Le site de la marque en référence plus d’une dizaine avec des coûts tantôt raisonnables (comptez par exemple 68,97 euros pour l’écran ou 34,57 euros pour la batterie) tantôt incompréhensibles (125,96 euros pour la vitre arrière).

Côté logiciel, le Coréen s’en sort honorablement avec la promesse de six années de mise à jour pour le système et le suivi des correctifs de sécurité.

Les meilleures alternatives au Samsung Galaxy A37

Nothing Phone (4a)

Pour un tarif équivalent à celui du Galaxy A37, le Phone(4a) de Nothing se dote d’un zoom périscopique optique x3,5. Un atout pour les portraits notamment. Il faut aussi aimer son design atypique loin des standards bien léchés du Coréen.

Samsung Galaxy A36 5G

Si vous souhaitez rester dans l’univers Samsung, le Galaxy A36 sorti l’an passé n’a finalement pas grand-chose à envier à son successeur. Pour un prix équivalent, il est livré avec le double de l’espace de stockage.

Conclusion

Le Galaxy A37 est un smartphone de milieu de gamme honnête, avec des qualités, mais qui stagne beaucoup trop. Plutôt que de sortir les griffes face à une concurrence de plus en plus féroce, la gamme Galaxy A de Samsung ronronne. Avec ce A37, Samsung ne prend aucun risque. Le look quasi inchangé par rapport au modèle précédent assure la continuité esthétique de la lignée. Sous le capot, les évolutions sont toutes aussi légères avec un processeur un poil plus puissant mais loin de donner entière satisfaction. Enfin, côté logiciel, les quelques fonctions IA supplémentaires peinent à rivaliser avec nombre de smartphones chinois mieux garnis. Ce qui change réellement, c’est le prix. En hausse malheureusement. Le Galaxy A37 est facturé 50 euros de plus que son prédécesseur lors de sa sortie. De fait, le rapport qualité-prix prend un petit coup dans l’aile. Alors que les prix sont en hausse chez presque tous les constructeurs, il serait temps que Samsung ne compte plus uniquement sur son image de marque pour séduire. Si la firme reste au top avec ses fleurons S26, elle se laisse distancer sur sa gamme la plus populaire. Le constat n’est pas nouveau mais devient de plus en plus flagrant au fil des ans.

  • Design et connectique : 3,5/5
  • Écran : 4/5
  • Performances : 3/5
  • Photo : 3/5
  • Autonomie : 4/5
  • Réparabilité : 4/5

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