
Face à la crainte d’un nouveau «Far West» financier, Emmanuel Macron a exigé, mardi 19 mai, une régulation des cryptomonnaies, ces monnaies numériques en usage sur Internet, indépendante des réseaux bancaires et liée à un système de cryptage. «Il n'y a pas de monde soutenable en paix, de régulation et de stabilité financière pour nos pays, si en quelque sorte nous réinventons un Far West», a affirmé le président français, selon Les Echos, en clôture de la cinquième conférence internationale «No Money for Terror» à Paris, qui s'est tenue en marge de la réunion des ministres des Finances du G7.
Sans encadrement, le chef de l’Etat a alerté sur le risque de laisser «une forme d'opportunités» aux criminels et aux terroristes. «Ne laissons pas s'installer autour des cryptoactifs une forme d'opportunités pour les criminels et les terroristes», a-t-il martelé, soulignant que ces «innovations financières qui reposent sur le pseudonymat, favorisent l'opacité et peuvent donc être détournées».
Bâtir une coopération internationale
A l’occasion de cette cinquième conférence - qui a pour objectif de lutter contre le financement du terrorisme - plus de 70 délégations, regroupant des ministres des Finances, responsables de services de renseignement financier et chefs d'institutions internationales, étaient réunies. La première avait été organisée, en 2018, sous l'égide d’Emmanuel Macron qui a également appelé à «maintenant bâtir des coopérations nouvelles pour renforcer notre action», en évitant les «approches en silo», indique TF1 Info.
Par ailleurs, il a rappelé l’importance «d'être collectivement efficaces pour la réinsertion financière» de territoires libérés de l'emprise terroriste. «À chaque fois qu'on gagne contre un groupe terroriste, si derrière le développement économique, la normalisation politique et administrative ne s'installe pas, les groupes terroristes reviennent, parce qu'en quelque sorte, ils proposent des opportunités économiques informelles», a-t-il lancé, évoquant l'exemple du Sahel.
Une situation différente par rapport à 2018
«Le panorama que nous avons aujourd'hui est complètement différent de celui de 2018, lorsque cette conférence a commencé. A l'époque, tout était plus centralisé», souligne auprès de l'AFP la Mexicaine Elisa de Anda Madrazo, présidente du Gafi, l'organisme chargé de coordonner l'action des Etats sur le sujet.
Cet émiettement de la menace se manifeste particulièrement dans la mouvance djihadiste : les deux grandes matrices, Al-Qaida et l’organisation Etat islamique, se sont affaiblies, laissant le terrain aux franchises locales et à une nébuleuse d’individus isolés, développe Les Echos. Ces derniers agissent souvent sans lien direct avec une hiérarchie ou un commanditaire, rendant la menace plus imprévisible et plus difficile à anticiper.
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