
Emmanuel Macron est en déplacement. Ce lundi 27 avril, le chef de l’Etat fait d’abord une escale en Ariège à Lavelanet pour une visite placée sous le signe de la réindustrialisation et de la santé, indique Franceinfo. Par la suite, il se rendra en Andorre pour une visite de deux jours, et ce pour la deuxième fois après 2019 lors de son premier quinquennat. Il faut dire qu’Emmanuel Macron est tout simplement co-prince d’Andorre, partageant ainsi ses fonctions avec l'évêque catholique de la ville frontalière espagnole d'Urgell.
Actuellement, l’évêque n’est autre Josep-Lluis Serrano Pentinat. Si la visite a été instaurée par le général de Gaulle, où chaque président en exercice doit s’y rendre au moins durant son mandat, la tradition remonte au XVIIe siècle lorsqu’Henri IV, alors roi de France, décida de rattacher au domaine royal le comté de Foix dans le Sud-Ouest ainsi que les titres qui allaient avec, rappelle RTL. Parmi eux figurait celui de… co-prince d’Andorre. Une tradition toujours respectée par ses prédécesseurs, hormis Georges Pompidou.
Le président garant de la Constitution andorrane
En dehors de ce privilège, que cela signifie-t-il précisément ? Si le président français ne dispose pas de domaine en Andorre ni de couronne, il est reconnu officiellement par la Constitution andorrane et en est même «garant». C’est à ce titre qu’il détient les pouvoirs de la grâce, par exemple. Comme lors de sa dernière visite il y a sept ans, le président français devrait aborder la question de l’avortement. Car la principauté nichée entre la France et l’Espagne figure parmi les deux Etats d’Europe à interdire totalement l'interruption volontaire de grossesse (IVG), rappelle Franceinfo.
Ce principe est même acté en cas de viol, d’inceste ou de danger pour la mère (maladie du fœtus, etc.). Pire, les médecins ou les femmes qui la pratiquent sont passibles d’une peine de prison. Qu’en est-il du côté des autorités andorranes ? Le chef du gouvernement souhaiterait dépénaliser l’IVG, sans toutefois la légaliser. Mais les discussions sont compliquées sur le sujet, car le Vatican doit donner son accord.
IVG : un des chefs d’Etat est «évêque»
D’ailleurs, le chef du gouvernement, Xavier Espot Zamora, l’a rappelé : «Si l'IVG reste interdite, ce n'est pas parce que le gouvernement d'Andorre ou la société andorrane sont plus conservateurs qu'en France ou en Espagne, mais parce qu’un de nos chefs d'Etat est évêque.» A noter qu’en plus de ce titre de co-prince d’Andorre, le président français est aussi chanoine de la Basilique de Latran à Rome et protecteur du Château de Chambord. Quant à elle, la principauté reste toujours attractive avec son régime fiscal et notamment l’absence d’impôt sur la fortune.




















