
Mardi 28 avril, les Émirats arabes unis ont annoncé leur départ officiel de l’Opep+. Ce départ a pris effet officiellement vendredi 1er mai, selon France Info. Cette décision intervient en pleine crise régionale autour du blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran et les États-Unis, qui affectent profondément les flux pétroliers. En interne, l’Opep+ connaît également de fortes tensions sur les quotas de production. Pour rappel, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole a été fondée en 1960 et a pour objectif d’administrer les productions de ses membres et d’influer sur les prix du pétrole brut.
Concrètement, l’organisation a pour objectif principal de stabiliser les cours du pétrole, en ajustant l’offre mondiale, puisque moins d’offre provoque une hausse des prix, et inversement. Avec les décennies, elle s’est élargie et fonctionne désormais avec l’Opep+, une coalition de dix pays supplémentaires par rapport à l’Opep, qui comprend notamment la Russie. L’Opep et l’Opep+ représentent aujourd’hui un tiers de la production mondiale de pétrole, ce qui lui vaut parfois d’être qualifiée de «cartel». Dans cet ensemble, les Émirats arabes unis occupent une place centrale, puisque le pays figure parmi les plus grands producteurs du groupe, avec environ 3,6 millions de barils de pétrole produits par jour. Mais le pays est aussi connu parce que sa capacité de production ne cesse d’augmenter, et rapidement. Dernièrement, le gouvernement a d’ailleurs investi massivement pour atteindre 4 millions de barils par jour, et vise la barre des 5 millions dès 2027. Mais cette stratégie se heurte aux quotas imposés par l’Opep+, qui limitent la production des États membres afin de protéger l’équilibre du marché.
Des tensions croissantes au sein de l’Opep+
C’est d’abord pour cette raison que les Émirats ont pris la décision de quitter l’organisation. Désormais, l’objectif pour ce pays est très clair : produire plus et vendre rapidement ses ressources, dans un contexte où la demande de pétrole pourrait bien diminuer dans les prochaines années. Et si les autorités émiriennes disent qu’il ne s’agit pas d’une décision politique, elle arrive dans un contexte où les relations du pays avec l’Arabie saoudite se sont nettement détériorées. En effet, les deux pays s’affrontent sur de nombreux sujets, notamment sur les quotas pétroliers et sur des questions de politiques régionales, comme le conflit au Yémen.
À court terme, le départ des Émirats arabes unis de l’Opep pourrait avoir des effets limités sur le marché mondial du pétrole, notamment en raison du blocage du détroit d’Ormuz. Mais selon plusieurs analystes, cette décision pourrait profondément fragiliser l’organisation dans son rôle de régulation des prix mondiaux. En effet, désormais libres des règles de quotas, les Émirats pourraient vendre encore davantage de pétrole, avec beaucoup d’effets à la clé sur les cours du pétrole brut.


















