
La situation instable au Moyen-Orient et les dernières déclarations de Donald Trump ne rassurent pas les marchés. Mercredi 29 avril, le président américain a laissé entendre lors d’une réunion avec des dirigeants du secteur pétrolier que le blocus contre l’Iran pourrait se prolonger «pendant plusieurs mois», un blocus qui serait «plus efficace que les bombardements», a-t-il commenté. Résultat : quelques heures plus tard, les prix du pétrole s’envolent de nouveau. Comme l’évoque BFM, le baril de pétrole Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, a dépassé un seuil encore jamais atteint depuis le début du conflit.
Peu après 6h (heure de Paris), il a dépassé les 126 dollars (126,41 dollars), soit une hausse de 7% avant de redescendre quelque peu, mais quand même à plus de 124 dollars. Un niveau qui n’avait plus été atteint depuis le 7 mars 2022 (139 dollars) et surtout le double de son niveau constaté au début du conflit au Moyen-Orient. Dans le même temps, le baril de West Texas Intermediate (WTI) a grimpé de 2,38% pour atteindre 109,43 dollars.
Vers un blocus des flux maritimes encore plus important ?
De quoi laisser craindre une remontée des tarifs à la pompe, d’autant qu’aucun signe de désescalade ou d’apaisement n’a été constaté ces derniers jours. Selon le média Axios, qui a recueilli els commentaires de Donald Trump, ce dernier pourrait même recevoir un briefing sur les nouveaux plans d'une éventuelle action militaire en Iran. Et parmi les mesures évoquées par le Wall Street Journal, Washington pourrait décider de mettre encore plus la pression sur l’économie iranienne, notamment en bloquant ses flux maritimes.
Or, Téhéran bloque déjà les navires pétroliers dans le détroit d’Ormuz. La tension sur l’offre mondiale de pétrole pourrait ainsi être accentuée dans les jours à venir. «Les capacités de stockage saturent (dans le Golfe), les exportations sont limitées et le risque ne se limite plus à la simple perte d'approvisionnement, mais englobe désormais la baisse durable de production», met en garde Stephen Innes, de SPI Asset Management, cité par BFM.
Selon les Etats-Unis, 42 bateaux ont été interceptés à ce jour alors qu'ils tentaient de «violer le blocus» et 41 tankers ne peuvent pas quitter l'Iran. En début de semaine, les Emirats arabes unis ont annoncé leur sortie de l'OPEP, même si cela ne devrait pas avoir de conséquences à court terme. Si Donald Trump a encouragé les Iraniens à «devenir intelligents, et vite», les investisseurs réagissent : «Le marché est de plus en plus convaincu qu’il n’y aura ni une paix rapide et durable, ni une réouverture immédiate du détroit d'Ormuz», analyse Arne Lohmann Rasmussen de Global Risk Management.




















