
L’équation de l’épargne sans risque a basculé en 2026. Le livret A et le LDDS, qui rapportaient 3 % nets pendant près de deux ans, sont passés à 1,5 % nets depuis le 1er février. Une coupe brutale qui rebat les cartes pour les épargnants disposant d’une trésorerie placée au-delà des plafonds réglementés. Pendant ce temps, les meilleurs comptes à terme du marché affichent jusqu’à 2,4 % bruts sur 6 à 9 mois et 2,5 % bruts sur 12 mois, selon Barbara Poncin, Agent Général Axa Prévoyance et Patrimoine.
L’écart paraît net mais demande à être travaillé. "Le compte à terme est sujet à la flat tax, alors que sur le 1,5 % du livret A, non", rappelle l’experte. Après application du prélèvement forfaitaire unique à 31,4 %, un CAT à 2,5 % brut se transforme en 1,71 % net, soit 0,21 point au-dessus du livret A. La règle d’or reste la même pour les conseillers patrimoniaux, ouvrir un compte à terme uniquement quand les livrets réglementés sont déjà pleins, et calibrer la durée sur un projet à court terme bien identifié.
Le comparatif chiffré qui tranche en 2026
Sur 12 mois, le calcul reste serré. À 2,5 % brut, un compte à terme rapporte 1,71 % net une fois la flat tax appliquée, contre 1,5 % net pour le livret A sans imposition. Sur 10 000 euros placés un an, l’écart représente 21,50 euros de gain en faveur du CAT. Un gain modeste mais positif, à mettre en regard d’une contrepartie majeure, le capital reste bloqué pendant toute la durée du contrat, avec des pénalités en cas de sortie anticipée.
Sur 5 ans, l’écart se creuse significativement. Un CAT à 3 % brut sur 5 ans rapporte 2,05 % nets après flat tax, soit 1 075 euros sur 10 000 euros placés. À comparer aux 773 euros générés par un livret A à 1,5 % constant (projection) sur la même période. Le gain net atteint près de 300 euros. Une différence qui justifie l’arbitrage pour un épargnant disposant d’un horizon clair et d’une trésorerie ferme, à condition que les livrets réglementés soient déjà saturés.
Le calcul vaut la peine d’être fait chaque année, surtout pour les foyers dont la situation fiscale évolue.
À quel moment basculer et avec quels garde-fous
Commencez par saturer d’abord les livrets réglementés. "Je préconise à mes clients d’en ouvrir un CAT seulement une fois que le LDD et le livret A sont pleins", insiste Barbara. Les plafonds à connaître sont : 22 950 euros sur le livret A, 12 000 euros sur le LDDS, 10 000 euros sur le LEP pour les foyers éligibles (revenu fiscal de référence inférieur à un seuil annuel révisé). Ces enveloppes restent prioritaires car non fiscalisées et liquides. Une fois saturé, le compte à terme prend le relais sur les sommes restantes.
Prenez garde à la durée du placement. Les comptes à terme se déclinent en 6, 9, 12, 18, 24 ou 36 mois, avec parfois une logique progressive par paliers. "Je pense qu’au-delà de 36 mois, le CAT n’a plus d’intérêt. Si vous avez un horizon de placement à 3 ans ou plus, vous avez plus intérêt à partir sur un contrat de capitalisation, une assurance-vie ou même des actions, plutôt que sur un compte à terme qui ne rapporte pas énormément", tranche Barbara. Le CAT reste un produit de projet à court terme, achat immobilier, travaux, frais de notaire, succession, vente d’un bien ou achat d’une voiture.
Enfin soyez vigilant au renouvellement à terme. À l’échéance du contrat, la banque propose un nouveau CAT au taux du moment, qui n’est jamais garanti à l’avance. Côté ticket d’entrée, certaines banques exigent un dépôt minimum de 5 000 euros avec un plafond pouvant aller jusqu’à 1 million d’euros. L’ouverture se fait en ligne via l’application bancaire ou avec un conseiller, en quelques jours. Dernier conseil de l’experte, "si vous laissez votre argent sur un compte courant et qu’il n’est pas placé, vous perdez de l’argent mécaniquement par l’effet de l’inflation". Même un CAT à 1,71 % net reste préférable à zéro.
Les taux cités correspondent aux conditions de marché début 2026 et varient selon les établissements et les durées contractuelles. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs. La fiscalité (flat tax à 31,4 % composée de 12,8 % d’impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux) peut évoluer.



















