
Les Français sont-ils trop taxés ? C’est le reproche souvent fait au gouvernement. Serres, abris de jardin, vérandas, piscines… certaines taxes sont plus ou moins bien connues des Français, mais les irritent tout autant. C’est le cas de cette propriétaire des Hauts-de-Seine interrogée par TF1. Dans son jardin, elle a installé un abri, indispensable pour ranger outils et tout autre matériel nécessaire à l’entretien. Or, pour ce genre d’abri de plus de 5m², il existe une taxe d’aménagement à payer qui varie selon la superficie du bien et du taux d’imposition communal.
Pour elle, à Meudon, la facture s’est donc élevée à 800 euros à l’installation, une grande surprise, avoue la propriétaire. Mais il ne s’agit pas de la seule taxe dans le pays. Bien au contraire. Dans un rapport datant de 2025, la Cour des comptes en dénombre des dizaines, 243 au total, dont certaines plutôt… insolites ! On peut citer la taxe sur l’enregistrement des produits homéopathiques, celle sur les céréales prélevées sur les collectes des agriculteurs ou encore celle sur les papiers graphiques. A quoi sert-elle ? A financer leur recyclage.
La taxe sur les yachts détournée
La Cour des comptes les qualifie de «taxes à faible rendement». Pourquoi ? Car elles génèrent peu de rentrées fiscales pour l’Etat. Pour la moitié d’entre elles, la juridiction financière ne parvient d’ailleurs pas à dire combien elles rapportent, souligne TF1. Alors, pourquoi les conserve-t-on ? En réalité, comme l’explique l’expert en finances locales, Franck Claeys, certaines sont essentielles au bon fonctionnement des communes.
«Au niveau local, si vous supprimez un impôt qui va rapporter un ou deux millions dans une commune de 100, 200 à quelques centaines d’habitants, vous allez déséquilibrer le budget de la commune», insiste-t-il. Mais sont-elles toutes essentielles ? La réponse est non, à commencer par certaines plus symboliques qu’autre chose. C’est le cas de celle sur les yachts de plus de 30 mètres, mise en place en 2018. A l’origine pensée pour compenser la suppression de l’ISF, elle devait rapporter dix millions d’euros par an.
Des taxes supprimées… et des nouvelles
Aujourd’hui ? Son rendement est famélique. En 2025, cette taxe a rapporté… 65 000 euros. Les propriétaires de yachts de luxe ont pris les devants et placé leurs bateaux sous pavillon étranger à tel point que cinq d’entre eux seulement la paieraient actuellement. Interrogé par TF1, l’ancien rapporteur général du budget et député EPR du Gers, Jean-René Cazeneuve, avoue qu’il faut «revenir en arrière» et assume : «Il faut avoir le courage de dire qu’on s’est trompé.» Si en cinq ans, 74 taxes ont été supprimées, douze nouvelles ont vu le jour. Rapportent-elles plus ?




















