
Vous venez d’arriver dans une entreprise et déjà, vous vous sentez un peu délaissé par votre N+1 qui n'est pas disponible ? C’est un premier mauvais signe selon Audrey Guidez, membre du bureau national de l’ANDRH : «Il est important que le jour J, le manager soit présent et passe du temps avec vous pour montrer qu’il ou elle vous accorde de l'importance ». Idéalement, il aura même préparé votre arrivée en amont : matériel prêt, adresse mail activée, etc.
Et le jour même ? La présentation au reste de l’équipe et aux autres interlocuteurs. « Le micromanagement peut même avoir un intérêt pour être cadré la première semaine ou les quinze premiers jours, conseille-t-elle. Mais au-delà, vous pourriez mal le prendre et considérer cela comme de la pression et surtout un manque de confiance en vous, au risque de ralentir votre montée en compétences ». La culture du contrôle est donc à éviter à tout prix.
Éviter le flou artistique
Chaque semaine, vos objectifs changent du tout au tout. Vous n’arrivez pas à identifier les priorités. Les lignes de votre fiche de poste évoluent tous les jours. Et votre feuille de route ne tient pas vraiment la route… Bref, vous commencez à entrevoir un certain flou artistique en ce qui concerne votre poste et vos missions, sans aucune véritable explication. Alors fuyez ! « C'est important d’avoir rapidement une feuille de route pour que vous sachiez ce qu’on attend de vous au bout de deux semaines, un mois, un trimestre ou un semestre, explique l’experte. C’est le manager qui la fait mais surtout vous pouvez la construire ensemble selon les postes et le niveau de responsabilités ».
Si vous n’arrivez pas à identifier non plus la personne qui décide vraiment dans cette entreprise, elle est à éviter. Par exemple, si les managers se renvoient la balle constamment en ayant peur des conséquences ou encore que c’est le N+1 qui décide de tout pour tout le monde, ce qui peut révéler un recrutement précipité, une réorganisation pas assez mature ou un manque de vision de business en interne. Et vous dans l’histoire ? « Vous allez avoir tendance à ne plus vouloir agir du tout, ce qui n’est pas l’idéal pendant la période d’essai », déclare Audrey Guidez.
Turn-over et urgences
Un taux de turn-over assez élevé peut cacher quelques défauts : management mauvais ou inadapté, embauche hâtive, pas de prise de recul… Mais, attention, il peut être inhérent au secteur, comme dans le bâtiment ou l’hôtellerie-restauration, ou au poste concerné - les commerciaux par exemple. « J’ai vu des entreprises pour lesquelles cela faisait partie de leur stratégie », ajoute-t-elle. Si vous apprenez dès le début que vous êtes la troisième ou quatrième personne, méfiez-vous tout de même.
Autre red flag à fuir à toutes jambes ? La culture de l’urgence et les phrases piège que vous entendez par-ci par-là : tout va très vite, il faut être agile, on est une famille… « Il faut se méfier de toutes ces petites phrases au ton gentillet qui souvent révélatrices du contraire, alerte Audrey Guidez. En fait, les urgences sont permanentes, sans savoir identifier les priorités, les équipes sont sous-staffées et les horaires extensibles ». Si vous avez posé les bonnes questions pendant les entretiens, interrogez vos collègues sur les mêmes sujets autour de la machine à café : quid de la présence du manager, à quoi ressemble une semaine lambda, quels sont les moments d’équipe, est-ce que les délais sont réalistes… Mine de rien, vous en apprendrez beaucoup très rapidement.











