Le chômage est en nette augmentation. Selon les derniers chiffres de l’Insee, il aurait pris 0,2 point depuis la fin du mois de décembre et 0,7 point sur un an, arrivant à 8,1 %. Emmanuel Macron avait pourtant fixé un taux de chômage à 5 % «d’ici l’année prochaine». Mais pour le ministre de l’Économie, ce ne sera malheureusement pas possible : «On fait face à un choc mondial très important», reconnaît-il sur France 3, dimanche 17 mai. Faisant référence à la guerre au Moyen-Orient qui a provoqué une hausse générale du prix des hydrocarbures. S’il ne donne pas de nouvelles prévisions du taux de chômage, Roland Lescure assure que le taux de chômage à 5 % n'est pas atteignable.

Mais de son côté, l’économiste Marc Touati table sur 9 % de taux de chômage sur le plateau de Cnews. Il assure que «le choc pétrolier a mis de l’huile sur le feu», mais que la situation était déjà difficile avant : «Nous avions une activité qui est en train de baisser, on avait des faillites d’entreprises qui étaient en train d’augmenter et un chômage qui commençait aussi à augmenter.» En se basant sur les derniers chiffres de l’Insee à 8,1 % de taux de chômage «au tout début de la guerre en Iran et de la flambée des cours pétroliers (…) on pourrait atteindre 9 % de taux de chômage très rapidement».

Une vision plus pessimiste que celle du ministre de l’Économie

Roland Lescure assure que le taux de chômage à 5 %, qui signifie le plein-emploi en France, doit «rester un objectif national». Le ministre félicite le travail qui a été fait «depuis 2017» et «pense que (le gouvernement) a redonné de l’espoir à des Françaises et des Français, qui n’avaient plus accès au marché du travail, notamment des jeunes et des seniors». Mais cette vision des choses n’est pas partagée par Marc Touati. Celui-ci parle du «déni de réalité permanent du gouvernement». Il explique que la France ne parvient pas à se sortir de la difficulté quand il n’y a pas de crise, et que la situation est donc bien plus difficile en ces temps de crise. «Quand on a besoin d’un soutien, il n’y a personne», déplore-t-il.