
Réalisateur de génie, James Cameron a marqué l'histoire du septième art avec «Terminator», «Titanic» ou encore la saga «Avatar». Sans oublier «Abyss», un film qui témoigne de sa fascination pour les fonds marins inexplorés. Grand plongeur, il se lance en 2012 dans une aventure hors norme : partir en solitaire à la découverte de l’endroit le plus profond de la planète, la fosse des Mariannes, à près de 11 000 mètres sous la surface de l'océan Pacifique. Son objectif ? Rapporter images et spécimens pour «mieux connaître et comprendre ce territoire largement inconnu».
Dans cette expédition, baptisée Deepsea Challenge, le cinéaste canadien est accompagné par Rolex, une maison horlogère avec laquelle il partage «les mêmes valeurs, la quête de la perfection, de la précision et de la qualité, et en même temps un esprit pionnier et aventurier». Pour l'occasion, la manufacture suisse met au point une montre de plongée expérimentale. Fixée à un bras du submersible, elle est capable de résister à une pression extrême.

Dévoilée en 2014 pour célébrer la plongée historique de James Cameron dans la fosse des Mariannes, cette Rolex Deepsea se distingue par son cadran au dégradé subtil, du bleu nuit au noir profond.
Des montres robustes et stylées
Ce modèle, qui ne sera jamais commercialisé, s'inscrit dans la grande lignée de montres sous-marines de la marque à la couronne : la Submariner (sortie en 1953), la Sea-Dweller (1967), la Deepsea (2008) et la Deepsea Challenge (2022), directement inspirée de la montre expérimentale. Conçus pour les abysses, l’un des environnements les plus hostiles de la planète, ces garde-temps se retrouvent aujourd’hui au poignet d’hommes qui ne plongeront, au mieux, qu'à quelques mètres de profondeur. Dès lors, pourquoi choisit-on aujourd'hui d'arborer au quotidien un instrument aussi technique ? Comment cette pièce horlogère s'est-elle affranchie de son strict cadre fonctionnel pour devenir un objet de style et de désir ?
«La montre de plongée est devenue l’une des rares montres que l’on peut porter en toutes circonstances. Robuste et offrant une excellente lisibilité, elle ne craint ni l’eau ni les chocs. Je possède une Black Bay 58 de Tudor et je jardine avec, je fais du sport, je nage, sans même me poser la question de savoir si je vais l’abîmer», explique l’influenceur Arnaud Chanteloup, spécialiste en horlogerie. «Côté style, elle va avec tout – un costume, un jean et même un maillot de bain !» Pourquoi ? parce qu’elle rassure par sa robustesse, séduit par sa polyvalence et s'accompagne d'un bracelet en acier ou en caoutchouc taillé pour résister à toutes les épreuves.

Avec ses aiguilles en forme de lance et de flèche, sa lunette rotative en aluminium anodisé et son bracelet en caoutchouc tressé, la Breitling Superocean Heritage B01 Chronograph 42 affiche un design élégant. Prix : 9 100 euros.
La montre de plongée s’ancre dans un imaginaire puissant
C’est précisément cette absence de contraintes qui en fait aujourd’hui une montre adoptée par tous les hommes, présente dans les collections des grandes maisons horlogères. A Oris son Aquis, Tudor ses Pelagos et Black Bay, et Breitling ses Superocean, chacune se déclinant dans des versions plus ou moins techniques.
Mais le succès de la montre de plongée ne tient pas seulement à son confort d’utilisation. Il s’ancre dans un imaginaire puissant, où se mêlent esprit d’aventure et goût du risque. Le monde sous-marin fascine par son silence, ses ténèbres et ses profondeurs encore largement inconnues. Porter une telle montre, c’est aussi s’approprier une part de cet univers mystérieux. Le cinéma a largement contribué à nourrir ce mythe, notamment à travers l’espion le plus célèbre de la planète, James Bond. Longtemps indissociable de la Submariner de Rolex, l’agent 007 adopte dès 1995 la Seamaster d’Omega. Arborer la même montre que Pierce Brosnan dans «GoldenEye» ou que Daniel Craig par la suite, ça fait quand même son petit effet. Mais si cet imaginaire fonctionne, c’est parce qu’il s’appuie sur une réalité tangible : la montre sous-marine n’a pas été inventée pour être stylée, mais d'abord pour servir.

La Panerai Submersible Elux LAB-ID est un modèle conceptuel bardé de technologies, produit en édition limitée à 150 pièces. Prix : 108 000 euros.
Dans les années 1950 et 1960, la plongée industrielle et scientifique impose un cahier des charges ultratechnique. Chez Panerai, étroitement lié à la Marina Militare italienne depuis le début du XXᵉ siècle, comme chez Tudor, fournisseur officiel de la Marine nationale dès 1956, la montre de plongée naît d’un besoin militaire : permettre aux nageurs de combat de lire l’heure sous l’eau, dans l’obscurité totale. Cet héritage perdure dans des modèles contemporains comme la Submersible Elux LAB-ID (Panerai) et la Pelagos FXD (Tudor).
En saturation, les plongeurs vivent plusieurs jours sous pression dans des caissons hyperbares, où la gestion du temps conditionne directement leur sécurité. C’est dans ce contexte que s’inscrit, en 1971, le partenariat entre Rolex et la Compagnie maritime d’expertises (Comex). Les Sea-Dweller portées par ses plongeurs sont testées en conditions réelles, puis améliorées grâce aux retours de terrain. Cette logique de «preuve par l’extrême» s'illustre également chez Omega : en 2019, l’explorateur américain Victor Vescovo atteint 10 925 mètres de profondeur dans la fosse des Mariannes, battant le record précédent de James Cameron. A son poignet, une Seamaster Planet Ocean. Cette immersion extrême valide des architectures de boîtiers et des choix de matériaux ensuite intégrés aux modèles de série de la marque.

Grâce à un boîtier affiné et plus compact, la quatrième génération de Seamaster Planet Ocean (ici, la version 600M) d’Omega est agréable à porter au quotidien. Prix : 9 000 euros.
Un bon placement ?
Et qu’en est-il côté investissement ? «La Submariner de Rolex est le modèle que je vends le plus. C’est grâce à ce garde-temps, et aux innovations développées par les maisons horlogères depuis les années 1930 en matière d’étanchéité, que la montre de plongée est devenue une montre-bracelet capable de tout faire au quotidien. Affiché à 9 800 euros au catalogue de Rolex, le modèle d’entrée de gamme en acier se revend entre 12 000 et 13 000 euros. Même si le potentiel d’investissement a légèrement diminué en raison de la baisse générale du marché ces deux dernières années, la Submariner reste une montre iconique facile à revendre», indique Rémy Delassaussé, fondateur et dirigeant de Da Vinci Watches, spécialisé dans l’achat et la vente de montres de luxe neuves et d’occasion.
Aujourd’hui, la montre de plongée se porte davantage pour ce qu’elle incarne que pour sa fonction première. On la choisit pour son style et son histoire, avec la certitude qu’elle saura nous accompagner en toutes circonstances.
- Accès à tous les articles réservés aux abonnés
- Le magazine en version numérique
- Sans engagement


















