Frileux ou aventureux ? Quand on demande aux Français quel est l'élément le plus important pour leur épargne, ils sont 64% à répondre la sécurité, devant la disponibilité et le rendement, selon une étude Elabe pour France Assureurs publiée en mars 2025 («Les Français et l'assurabilité», édition 2025). Une priorité qui se reflète dans l'encours actuel de l'assurance vie - c'est-à-dire le total des sommes versées sur ces produits, et les intérêts générés - puisque sur 2 020 milliards d'euros accumulés fin janvier 2025, la part investie en fonds euros - les supports d'investissement à capital garanti - est encore largement majoritaire (70% de l'encours). Même si elle progresse d'année en année, la part d'unités de compte (UC) - soit les supports qui font courir un risque de perte en capital aux épargnants - se limite à 30%.

Les épargnants renoncent-ils à la performance en choisissant la sécurité ?

Mais ce choix, judicieux pour préserver son épargne, est-il également payant en termes de performance ? Pas en 2024 en tout cas, puisque selon les données publiées ce mercredi 26 avril par France assureurs, le rendement des fonds euros s'est établi à 2,6% en moyenne sur l'année écoulée, tandis que les UC, qui recouvrent une grande variété d'investissements (actions, obligations, immobilier, etc.), ont rapporté en moyenne 4,1%. Un écart toutefois moins élevé qu'en 2023, puisque les fonds euros avaient alors affiché un rendement moyen qui était également de 2,6%, mais qui grimpait à 6,2% pour les UC. Un décrochage qui s'explique notamment par celui du CAC 40, qui a cédé 2,15% en 2024, et a entaché la performance des UC investies sur l'indice parisien.

Ce qui est vrai sur les deux dernières années l'est également à plus long terme, quoique de façon légèrement plus ténue, révèle également France Assureurs. En effet, si l’on regarde sur les 13 dernières années - soit la durée de vie moyenne d'un contrat d'assurance vie, qui est de 12,7 ans -, les UC font aussi mieux que les fonds euros : 3,3% de rendement annuel moyen pour les premiers, contre 2,1% pour les seconds. Mais l'écart de performance tend à se resserrer, puisqu'il n'est que de 1,2 point sur le temps long, contre 1,5 point, par exemple, en 2024.