
Atteindre le haut niveau en sports d’hiver coûte cher : entraînements intensifs, matériel spécialisé, déplacements internationaux… Tous les athlètes français ne disposent pas des mêmes ressources et doivent multiplier les solutions pour financer leur saison : aides familiales, petits boulots ou cagnottes en ligne, afin de viser les JO d'hiver 2026 de Milan-Cortina, du 6 au 22 février. Cette réalité touche particulièrement les sportifs moins médiatisés.
Loan Bozzolo, snowboardeur de26 ans, confie à Ouest-France : «C’est assez dur de trouver des personnes qui veulent nous financer, parce qu’on ne fait pas du ski alpin ou du biathlon. On ne fait pas partie des gros sports.» Aujourd’hui soutenu par sa station de Saint-Gervais-les-Bains et ses sponsors, il reconnaît néanmoins que «ça a été compliqué». «Je n’ai pas encore un salaire de footballeur !», plaisante-t-il. Pour certains, les contrats avec la douane ou l’armée offrent une stabilité, tandis que les Fédérations les mieux dotées peuvent également soutenir les athlètes. Mais beaucoup doivent multiplier les solutions.
«40 heures par semaine» chez Audi
Laurent Mühlethaler, coureur de combiné nordique de 28 ans, raconte à nos confrères qu’il doit travailler trois mois par an dans l’immobilier, «une passion» depuis des années. Dans le hockey sur glace féminin, la précarité est encore plus forte. Lore Baudrit, capitaine de l’équipe de France, a dû, l’an dernier, travailler à temps plein en Allemagne à l’usine chez Audi, «40 heures par semaine». Cette saison, la qualification des Françaises aux JO 2026 lui permet de combiner un temps partiel dans la communication avec une cagnotte en ligne sur «Soutiens ton sportif».
Près de 1 000 projets de cagnottes participatives existent aujourd’hui, couvrant toutes les disciplines. Les sports d’hiver y sont surreprésentés, car une saison peut coûter de 10 000 à 30 000 euros, selon le matériel et les déplacements. Mais pour beaucoup, ces cagnottes restent un soutien ponctuel. Pour les plus jeunes athlètes, l’aide des parents demeure souvent indispensable.


















