
Toujours plus haut. L'or a atteint un nouveau pic ce mardi 2 septembre, à 3 500 dollars l'once, après une hausse de 116 dollars en une semaine. A quatre mois de la fin de l'année, le cours du métal précieux affiche encore une progression saisissante : +32% depuis le 1er janvier. Encore, car il figurait déjà au rang des meilleurs placements de l'année en 2024, avec une progression de son cours de 35% sur un an. Est-il possible que l'or réitère, voire surpasse, une telle performance cette année ? Pour l'heure, les signaux semblent plutôt indiquer que l'ascension pourrait se poursuivre.
Le premier moteur de la montée de l'or reste l'incertitude. Et en la matière, l'année 2025 a encore été chargée : poursuite de la guerre Ukraine, intensification des conflits à l'ouest de la Méditerranée, et, en prime, annonce par Donald Trump d'un relèvement massif des droits de douane à l'échelle du globe, le 2 avril dernier. En termes d'incertitude, difficile de faire plus imprévisible, car jusqu'il y a peu, nombre de pays ne savaient pas à quelle sauce ils seraient mangés, c'est-à-dire à combien allaient s'élever les droits de douane qui s'abattraient sur leurs exportations vers les Etats-Unis.
Une nouvelle flambée due à l'annonce des droits de douane
Preuve de l'impact de cette politique douanière sur le cours de l'or, le métal précieux a atteint son précédent record le 8 août dernier, à 3 400 dollars l'once, suite à une hausse de 100 dollars en une semaine. Une flambée provoquée par la crainte que l'or transitant par la Suisse soit concerné par les droits de douane de 39% imposés au pays. Une possibilité finalement écartée par la Maison Blanche.
Outre le niveau d'incertitude et de tension géopolitique qui devrait se maintenir jusqu'à la fin de l'année, deux autres catalyseurs pourraient contribuer à pousser le cours de l'or. D'abord, l'attente d'une baisse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui est attendue pour la rentrée. «La politique monétaire est déterminante pour le cours de l'or : quand les taux baissent, l'or monte. Or les marchés anticipent une baisse des taux, et Trump la réclame aussi. Et s'il n'a pas encore obtenu gain de cause, les mauvais chiffres de l'emploi aux Etats-Unis laissent imaginer au moins une baisse des taux d'ici la fin de l'année», explique Laurent Schwartz, président du Comptoir national de l’or.
La baisse des taux et du dollar ont tendance à faire grimper l'or
En effet, quand les taux directeurs baissent, le rendement des placements sans risque chute aussi, les investisseurs ont alors tendance à se tourner vers des placements qui leur semblent tout aussi sûrs, mais plus performants, comme l'or actuellement. En outre, la baisse des taux augmente aussi la quantité de monnaie en circulation, et en l'occurrence de dollars, ce qui fait baisser la valeur du billet vert. Or, c'est là l'autre facteur de hausse de l'or, «qui est extrêmement sensible aux mouvements du dollar», relève Antoine Andreani, analyste marché senior XTB France.
Plus précisément, quand le dollar baisse, l'or a tendance à monter. Suite aux annonces de Donald Trump sur les droits de douane, le dollar a par exemple chuté de plus de 5% face à l'euro, entre le 2 avril et le 22 avril. Dans le même temps, l'or progressait de plus de 7%. Quand sa valeur diminue, le dollar perd aussi son statut de valeur refuge, que l'or assure alors à sa place aux yeux des investisseurs. Aussi, «ce n'est pas tant le prix de l'or qui monte que les monnaies qui se déprécient face à l'or», poursuit Antoine Andreani. Raison pour laquelle la performance de l'or est cette année bien plus significative en dollar (+32%), qu'en euro (+17,9%).
Compte tenu de ces trois différents catalyseurs, qu'en est-il finalement des prévisions du cours de l'or pour la fin de l'année ? Actuellement autour de 3 500 dollars, l’once pourrait encore grimper jusqu'à 3 700 dollars, selon les analyses les plus optimistes de la banque d'affaires Goldman Sachs, ou retomber à 3 300 dollars dans le scénario le plus pessimiste. La banque JP Morgan anticipe, elle, une once d'or à 4 000 dollars au 31 décembre 2025.




















