Vent de panique sur l'économie mondiale. L'annonce par Donald Trump, mercredi 2 avril, d'importants droits de douane à l'échelle du globe a fait chuter les Bourses ce jeudi 3 avril : le CAC 40 plonge à la clôture ce soir (-3,31%), tandis que les indices actions américains poursuivent leur baisse depuis leur ouverture cet après-midi (-3,08% pour le Dow Jones, -3,64% pour S&P 500, -4,79% pour le Nasdaq). Plus surprenant, l'or est également entraîné dans cette hécatombe, avec une baisse de l'once en euros de 2,36% pour l'heure sur la journée. «C'est étonnant. Habituellement, l'or monte quand les autres actifs chutent», souligne Nicolas Cracco, CEO de GOLD AVENUE.

Pour Antoine Andreani, responsable de la recherche chez XTB France, cette «anomalie» est à la hauteur du caractère explosif des annonces de Donald Trump : «Il s'agit tellement d'un changement de paradigme pour l'économie mondiale que tout chute : l'or, les indices, le dollar… Il y a un effet de panique, tout le monde appuie sur le bouton "sale" (vendre, NDLR).» Une correction qui s'avère encore plus logique pour l'or, qui connaît une progression fulgurante ces derniers temps : «Il n'est pas irrationnel d'assister à une correction passagère suite à la forte hausse des 12 derniers mois (+37%)», abonde Nicolas Cracco.

Des feux qui semblent au vert pour le métal jaune

Aussi, une fois passé ce recul qui pourrait durer quelques jours, les perspectives s'annoncent plutôt positives pour les détenteurs de métal jaune. Deux facteurs historiquement déterminants dans la hausse de son cours menacent de s'accentuer suite à la décision du locataire de la Maison Blanche. D'abord, le sentiment d'incertitude, déjà bien à l'œuvre depuis le retour de l'ancien Président, devrait encore grandir dans les prochains mois, avec une foule de questions pour l'heure sans réponse : comment les pays visés vont-ils réagir ? Le commerce mondial va-t-il s'écrouler ? Va-t-on vers une vaste récession ?

Dans ce contexte chahuté, la demande d'or tend généralement à s'accentuer : «Les investisseurs se rapatrient sur un actif comme l'or, qui semble moins spéculatif et volatil, et rassurant par son côté tangible, qu'on peut conserver par exemple chez soi. D'ailleurs, malgré les niveaux historiques atteints, nous constatons davantage d'achat que de prise de profit, c'est-à-dire de revente, ce qui accentue le mouvement haussier», explique Nicolas Cracco. Ceci sans compter sur un autre facteur de flambée potentielle : l'inflation, qui menace de nouveau, puisque les droits de douane édictés vont mécaniquement renchérir le coût des biens et des services.

Or, quand les prix montent, les épargnants ont également tendance à acheter de l'or, car la relique barbare est alors perçue comme un actif «refuge», qui ne risque pas de perdre en valeur, contrairement aux monnaies. Ainsi, sans «boule de cristal», impossible d'affirmer que l'once d'or continuera à grimper dans les mois qui viennent : «Il s'agit toujours d'une conjugaison de facteurs, appuie Nicolas Cracco. Mais en tout cas, on peut dire que les facteurs économiques et politiques qui ont contribué à la progression de l’or ces deux dernières années sont toujours là.»

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