Payer en deux, trois, quatre voire cinq fois, c’est tentant, mais est-ce une bonne idée ? Le paiement fractionné, appelé parfois BNPL pour Buy Now Pay Later (achetez maintenant, payez plus tard) est de plus en plus courant surtout en ligne mais aussi dans les magasins et permet de s’offrir un produit en le réglant en plusieurs mensualités. L’offre peut être alléchante d’autant plus en cette période de fêtes de fin d’année au cours desquelles les dépenses peuvent parfois s’accumuler.

Elle rencontre un franc succès auprès des consommateurs qui sont de plus en plus nombreux à y adhérer. 70% des Français utilisent des facilités de paiement selon une étude menée par FLOA, une filiale de BNP Paribas et l’institut Kantar. Parmi eux, 55% utilisent régulièrement le paiement en plusieurs fois pour des achats inférieurs à 500 euros et cela principalement pour acheter de l’électroménager (54%), des produits high-tech (53%) et des voyages (48%). Le paiement en plusieurs fois est devenu un véritable argument de vente pour les enseignes puisque 6 Français sur 10 seraient prêts à changer de magasin afin de pouvoir en faire usage.

Paiement fractionné ou crédit à la consommation ?

Mais, attention, payer en plusieurs fois comporte tout de même quelques risques. Il faut tout d’abord bien différencier un paiement fractionné d’un crédit à la consommation qui fait lui l’objet d’une réglementation stricte. La loi Lagarde (2010) le définit comme un crédit d’un montant supérieur à 200 euros ou d’une durée supérieure à trois mois. Tandis qu’un paiement fractionné est censé être octroyé pour une période de 60 à 90 jours (la durée peut être supérieure à trois mois si la somme totale est inférieure à 200 euros) et comprend trois ou quatre échéances pour un montant total de quelques dizaines à plusieurs milliers d’euros, définit la Banque de France. À défaut, il s’agit là plutôt d’un crédit à la consommation. Lequel est davantage protecteur pour le consommateur.

En effet, le crédit à la consommation est encadré par la loi. Pour en bénéficier, un dossier doit être constitué et un contrat doit être signé. Alors que pour payer en plusieurs fois, il suffit de présenter un document d’identité. La souscription à un paiement fractionné «n’est pas conditionnée par l’étude au préalable de la solvabilité du consommateur», observe l'Institut national de la consommation, ce qui peut «aggraver certaines situations financières délicates» voire «accroître une situation de surendettement». C’est pourquoi, il est recommandé de bien s’assurer de pouvoir régler la totalité des mensualités avant de s’engager dans un paiement en plusieurs fois.

Et ce d’autant plus que «le consommateur ne bénéficie pas du droit de rétractation» et que «les frais en cas d’incidents de paiement ne sont pas plafonnés» dans le cas d’un paiement fractionné au contraire d’un crédit à la consommation. «Des pénalités de retard atteignant 30 ou 40 % du capital restant dû», peuvent alors être appliquées indique l’association UFC Que-Choisir. Dans le cas d’un crédit à la consommation, les pénalités sont plafonnées à 8%.

Par ailleurs, le paiement fractionné n’est pas toujours proposé sans frais. En général, plus il y a d’échéances, plus la probabilité de devoir régler des frais supplémentaires est grande. Il faut veiller à bien vérifier que le montant total du paiement fractionné n'excède pas le prix de base du produit.