Le reflux de l’inflation se poursuit mois après mois. D’après les données provisoires publiées ce vendredi 28 mars par l’Insee, les prix à la consommation ont progressé de seulement 0,8% sur un an en mars 2025, après 0,7% en février et 1,6% en janvier. Des niveaux inédits depuis quatre ans : il faut remonter à février 2021 pour trouver une inflation inférieure à 1% en glissement annuel. C'est donc bien un soulagement pour le pouvoir d’achat des ménages… mais une mauvaise nouvelle pour le rendement de certains produits d’épargne partiellement ou intégralement indexés sur la hausse des prix.

Le Livret d’épargne populaire (LEP), par exemple, réservé aux contribuables les plus modestes, voit son taux révisé deux fois par an, le 1er février et le 1er août, selon une formule simple : il est strictement indexé sur la moyenne de l’inflation hors tabac sur les six mois précédents. Pour la révision du 1er août 2025, qui sera actée mi-juillet prochain, c'est donc l'inflation entre janvier et juin qui sera prise en compte. Or, entre janvier et mars, l’inflation mensuelle moyenne ressort à 1,03%. En ligne avec les prévisions de l’Insee et de la Banque de France qui tablent sur une inflation proche de 1% en juin prochain. Aussi, si cette tendance se prolonge sur l'ensemble du semestre, le taux théorique du LEP pourrait ainsi tomber autour de 1% cet été, contre 3,5% actuellement. Soit une chute brutale de 2,5 points pour ses 12,5 millions de titulaires !

Le taux du LEP pourrait se maintenir au-dessus de 2%

Mais ce taux plancher, issu de la stricte application de la formule, pourrait ne pas s'appliquer tel quel. Deux garde-fous existent. Le premier est réglementaire : un arrêté du 27 janvier 2021 impose que le taux du LEP soit supérieur d’au moins 0,5 point à celui du Livret A. Or, ce dernier pourrait, lui, ressortir à 1,7% le 1er août prochain, ce qui aboutirait à un taux du LEP finalement maintenu à 2,2%. En outre, la Banque de France et le ministère de l’Economie peuvent s'accorder sur un taux supérieur à celui calculé, comme cela a été le cas lors des quatre dernières révisions. Le 1er février dernier, la baisse du taux du LEP avait par exemple été contenue, avec un rendement préservé à 3,5%, alors que l'application stricte de la formule aurait dû le faire chuter à 2,9%.

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