Élaborer un produit d'épargne durable peut prendre du temps. C'est le cas pour le Plan d’Epargne Avenir Climat (PEAC), imaginé dans le cadre de la loi industrie verte, à l'automne 2023, et en principe disponible depuis le 1er juillet 2024. Problème : aucun assureur ni aucune banque ne le proposait encore jusqu'ici. Un retard à l'allumage rompu par le groupe BPCE, qui a annoncé, jeudi 17 avril, que les épargnants pourraient désormais souscrire un PEAC dans les Banques Populaires et les Caisses d’Epargne.

Ce nouveau produit est toutefois réservé à une catégorie particulière d'épargnants : il peut être ouvert par un jeune adulte jusqu’à ses 21 ans, ou par ses parents dès la naissance. Il s'agit ensuite d'un placement de moyen-long terme : «Les fonds restent bloqués jusqu’aux 18 ans du souscripteur, et la durée minimale du contrat est de cinq ans. Ensuite, il est possible de procéder à des rachats partiels ou totaux. A l’âge de 30 ans, le PEAC est clôturé, et les fonds peuvent être transférés vers un contrat d’assurance vie ou sont automatiquement versés sur le compte courant», détaille Marion Dewagenaere, directrice générale du métier Assurances de personnes de BPCE.

Attention à la durée d'investissement et à votre tolérance au risque

Impossible donc, à la différence d'autres solutions d'épargne proposées par les banques (Livret A, LEP, LDDS…) de récupérer vos fonds à tout moment. En revanche, le plafond de ce nouveau produit sera le même que celui du Livret A : 22 950 euros pour les versements, avec des intérêts qui peuvent dépasser ce montant. Pour le reste, le PEAC s'apparente plutôt à une assurance vie ou un PER, avec une épargne investie dans des unités de compte (UC), mais toutes labellisées «investissement durable» (ISR, Greenfin ou SFDR 9).

Comme pour le PER, il est possible d'opter pour une gestion dite «pilotée à horizon» : le capital est d’abord exposé à des actifs dynamiques, avant d’être sécurisé à l’approche de l’échéance. «Nous nous sommes appuyés sur notre expérience en matière de PER, avec une mécanique similaire de sécurisation progressive du capital. L’idée est d’optimiser le potentiel de rendement à long terme et de réduire progressivement le risque», ajoute Marion Dewagenaere.

Attention toutefois, car au contraire d'un Livret A ou d'une assurance vie investie uniquement en fonds euros, ce produit présente un risque de perte en capital, malgré la possibilité de sécuriser ses gains à l'approche du terme. Dans le document d'information clé (DIC) fourni, le PEAC Capitalisation BPCE Vie est ainsi noté 4 sur 7 sur l'échelle du risque. Pour Cédric Glorieux, directeur produits et solutions chez BPCE, ce produit plus risqué - mais avec une espérance de gain supérieure - peut ainsi compléter une épargne sécurisée détenue par exemple sur un Livret A : «Le PEAC est un support très adapté pour préparer les projets des jeunes adultes : études, permis de conduire, achat, installation, séjour à l’étranger…» Des arguments qui pourraient séduire de jeunes épargnants qui ont quelques billes de côté et des convictions en tête.