Recruter un alternant va bientôt vous coûter plus cher. Annoncée dans un communiqué daté du 30 décembre, la mesure attendait son officialisation au Journal officiel. C’est désormais chose faite depuis le 23 février : en 2025, les aides à l’apprentissage diminuent. Concrètement, les TPE et PME voient leur prime amputée de 1 000 euros pour tous les contrats signés à partir du 24 février. Jusqu’ici, l’Etat versait une aide unique de 6 000 euros pour chaque embauche d’un apprenti. A partir de 2025, les règles changent : pour les entreprises de moins de 250 salariés – «soit celles qui concentrent 80% des contrats d’apprentissage» selon le ministère du Travail –, cette aide tombe à 5 000 euros.

Quant aux grandes entreprises de plus de 250 salariés, elles ne touchent plus que 2 000 euros par embauche. Seule exception : les apprentis en situation de handicap, pour lesquels l’aide reste fixée à 6 000 euros, quelle que soit la taille de l’entreprise. Cette enveloppe restera, par ailleurs, cumulable avec les aides déjà existantes et dédiées à ces publics. A noter que pour les contrats signés entre le 1er janvier et le 24 février 2025, les anciennes règles s’appliquent. Autrement dit, l’aide de 6 000 euros restera garantie pour chaque embauche d’apprentis.

2,4 milliard d’euros d’économies sur les contrats d’apprentissage en 2025

Ce coup de rabot n’est pas exactement celui que réclamait la Cour des comptes dans sa note de synthèse publiée en janvier dernier. Les Sages de la rue Cambon plaidaient pour un meilleur ciblage de l’aide, et allaient même jusqu’à suggérer sa suppression pour les formations au-delà de bac +2. Si leurs recommandations n’ont pas été suivies cette fois-ci, ce n’est peut-être que partie remise : le décret n’est valable que pour 2025, et le débat reviendra inévitablement lors des discussions sur le projet de loi de finances de l’année prochaine. Reste à voir si ces coupes suffiront à atteindre l’objectif gouvernemental de 1,2 milliard d’euros d’économies en 2025.

D’autant que ce n’est pas le seul levier budgétaire que l’exécutif entend actionner sur l’apprentissage. Dans son projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2025, l’exécutif a également prévu de resserrer encore un peu plus la vis en réduisant le plafond d’exonération des cotisations salariales des jeunes travailleurs pour tous les contrats d’apprentissage signés à partir du 1er mars. Ainsi, tous les nouveaux apprentis rémunérés à hauteur d’au moins 50% du Smic seront désormais assujettis à la contribution sociale généralisée (CSG) et à la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS). A elles deux, ces réformes pèseront pour 5% des 50 milliards d’euros d’économies ciblés par le gouvernement dans le budget 2025, avec 1,3 milliard provenant de la réduction des exonérations et 1,2 milliard de la baisse des aides à l’embauche.