• Virginie Hils, 44 ans, fondatrice d’une franchise de magasin multiservice rural

"Après quinze ans dans l'agro-alimentaire, s'est posée la question du sens de mon travail, de mon impact social…" C'est en participant à un marathon de l'innovation en 2015 et en réalisant qu'un village sur deux n'a plus de commerces, que Virginie Hils a l'idée de fonder Comptoir de campagne. Le projet : cibler les villages de 1.000 à 2.000 habitants et transformer les locaux inutilisés en magasin multiservice "avec des produits en circuits courts, de l'épicerie fine, un coin droguerie, la Poste, un service photomaton, cordonnerie, un espace bistrot", décrit l'ex-cadre, diplômée d'école de commerce. Une large palette d'offres, un développement en grappe des magasins autour d'une même zone géographique, la mutualisation des achats et de la logistique assure le succès du concept, qui compte aujourd'hui 10 points de vente. "Les Comptoirs sont aussi des lieux de rencontres et de vie pour les villageois", se félicite-t-elle.

Projetant 50 ouvertures d'ici 2025, elle recherche désormais des franchisés, mais dit se méfier du profil néorural. "J'ai eu une expérience décevante avec des Parisiens arrivés à la campagne plein d'illusions mais qui ne se rendaient pas compte de ce qu'était la vie en zone rurale ni d'exercer un métier aussi prenant. Je privilégie donc plutôt des gens déjà installés ou qui quittent la ville pour revenir sur leur territoire d'origine."

  • Tulip Santène, 45 ans, boulanger

Deux ans auront suffi à Tulip Santène pour ouvrir sa boulangerie, depuis son installation à Saint-Bertrand-de-Comminges, en Haute-Garonne. Un pain fabriqué à partir d'anciennes variétés de blé cultivées sans intrants chimiques, et cuit dans un four traditionnel fabriqué par un artisan local. Son projet de reconversion remonte à 2015 et aux attentats qui ont meurtri la capitale. Pendant un an, cette Parisienne diplômée des Arts déco, spécialisée en scénographie de vitrines et de mode pour des marques de luxe, poursuit ses activités tout en s'engageant dans des actions bénévoles, autour de la cuisine partagée avec des migrants ou d'autres publics précaires. "C'est à cette occasion que je me suis prise d'amour pour le pain. Je me suis formée auprès de Thierry Delabre, un boulanger reconverti qui travaille avec des variétés anciennes venant d'Occitanie et un processus de fermentation lente, puis j'ai passé mon CAP de boulangerie", explique-t-elle.

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