«C’était un rêve depuis longtemps.» Au pied de la tour Square Enix, au cœur de Tokyo, Nathan de Pascale a des étoiles dans les yeux. A tout juste 30 ans, cet autodidacte des arts numériques a déjà un joli CV dans l’animation et le jeu vidéo : il a travaillé en Pologne, en Italie et au Québec, notamment pour le géant Ubisoft. Mais pour ce rigging technical artist (celui qui dessine les squelettes des personnages animés en 3D), travailler au Japon, où il est installé depuis quatre mois, a tout de la consécration. «C’est une passion qui va au-delà des animés et des mangas : j’aime la culture du pays, son architecture...», détaille-t-il. Cet amateur de pop culture est d’autant plus ravi que Square Enix est une référence incontournable en la matière : le studio a produit quelques-unes des licences les plus marquantes pour l’imaginaire de toute une génération, à l’image de Dragon Quest, Kingdom Hearts ou Final Fantasy.

Comme Nathan, de plus en plus de Français s’imaginent un avenir professionnel dans l’archipel. Le nombre de nos compatriotes installés au Japon a ainsi bondi de 10% l’an passé, à près de 11 000 personnes, à en croire le nombre d’inscrits sur les listes consulaires. Même si la croissance est atone (1% prévu en 2024), le pays, réputé pour sa sécurité, affiche un taux de chômage parmi les plus faibles des pays développés, à seulement 2,3% de la population active. Et, malgré son apparente modernité, il cherche du sang neuf. «Le Japon, ce sont les années 2000, depuis les années 1990», ironisent ainsi tous ceux qui se sont frottés à ses industries.

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