Depuis un an, les chiffres du chômage se sont stabilisés, avec une augmentation de 0,1% en comparant le troisième trimestre de l’année 2024 à celui de l’année 2023. «Depuis ces dernières années, le taux de chômage a quand même assez fortement baissé. On est passé d’un peu plus de 10% à pas loin de 7%», précise Thibault Guilluy, directeur général de France Travail (nouveau nom de Pôle Emploi), dans une interview pour France Info, vendredi 25 octobre 2024. Une situation qui, selon lui, «rétablit l’équilibre entre salariés et candidats».

Aussi, Thibault Guilluy se félicite de l’expérimentation autour du Revenu de solidarité active (RSA), qui doit être généralisée à partir du 1er janvier 2025, qui oblige les bénéficiaires à effectuer 15 heures de travail hebdomadaires. «Près de 55 000 bénéficiaires du RSA ont eu cet accompagnement», indique-t-il. Au bout de six mois, 42% des bénéficiaires du RSA seraient retournés dans le parcours de l'emploi. Au bout de douze mois, «on enregistre même des taux de retour à l’emploi de 54%» de sortie durable du RSA.

Le dispositif inquiète les associations

Si ce système d’heures obligatoires inquiète les associations de solidarité, qui exprimaient au moment de la réforme leurs craintes que cela ne tire «le marché du travail vers le bas en matière de conditions de travail et de rémunération», avec un «risque de glissement vers le travail gratuit», le directeur de France Travail estime que ce système est gagnant-gagnant, les bénéficiaires du RSA sortant de l’isolement social et professionnel tout en fournissant de la main-d’œuvre pour des secteurs en difficulté de recrutement.

En décembre 2023, le gouvernement de Gabriel Attal avait en effet poussé pour une réforme du RSA. Si jusqu’ici, les bénéficiaires étaient seulement rattachés à la Caisse d’allocations familiales qui leur reversait, chaque bénéficiaire devra, à partir du 1er janvier 2025, être aussi inscrit à France Travail et signer un contrat d’engagement, comportant un plan d’action pour son insertion, avec 15 heures hebdomadaires obligatoires et des sanctions en cas de non-respect. «C’est plus d’un million d’entre eux qui vont être inscrits» à France Travail, rappelle Thibault Guilluy. L’objectif affiché par l’État est de garantir un accompagnement plus poussé pour ce public éloigné de l’emploi. «Plus d’un sur deux reste plus de quatre ans au RSA», rappelle le directeur.