
Vous convoitez un poste, mais la concurrence risque d’être rude ? Pour vous distinguer en entretien d’embauche, il existe une tactique à ne pas négliger : celle de miser sur vos références culturelles. Comme l’explique Le Monde, les pratiques culturelles valorisées permettent de différencier les candidats lors du recrutement, même si elles conduisent parfois à reproduire les inégalités sociales. Le concept de «culture légitime», développé par le sociologue Pierre Bourdieu dans son ouvrage La Distinction, paru aux Editions de Minuit, en1979, désigne l’ensemble des pratiques culturelles valorisées dans une société.
Selon le sociologue, la «culture légitime» permet aux classes sociales les plus aisées de se reconnaître dans des goûts partagés, mais aussi de se différencier. Alix, étudiante de 23 ans en master de droit à Sciences Po Paris, a ainsi décroché un stage de 6 mois dans un cabinet d’avocats en se démarquant avec sa culture cinématographique lors de son entretien. La jeune femme, qui a été présidente de l’association de cinéma de son école, a marqué des points en nommant son «film préféré».
«On n’a plus parlé que de cinéma»
«J’ai cité Le Facteur, [de Michael Radford et Massimo Troisi] un film des années 1990, et il s’est emballé. Il avait plein d’anecdotes sur le tournage, et on n’a plus parlé que de cinéma», raconte-t-elle à nos confrères. Pendant son stage, une collaboratrice lui demande si elle est «la stagiaire passionnée de cinéma». «Il lui avait raconté que ça avait fait pencher la balance», explique l’étudiante. «A ce moment-là, je sais que c’est ma capacité à utiliser la ‘culture légitime’ qui a joué», confie-t-elle dans Le Monde.
Les références culturelles permettent de tenir des conversations avec ces hommes plus âgés, «importants dans la boîte, et d’un certain milieu», mais aussi de créer du lien avec ses collègues. Le travail «est un espace de sociabilité, et donc de reproduction des inégalités sociales, au même titre que la famille ou l’école», analyse ainsi Camille Dupuy, sociologue du travail à l’université Paris-Saclay.



















