Réussir un entretien d’embauche peut s’avérer plus difficile qu’il n’y paraît. Lorsqu’il y a des dizaines de candidats en compétition, il est essentiel de se démarquer en soignant sa présentation, sa tenue, ainsi que son langage et son ton. Cependant, certains détails peuvent être éliminatoires, selon Welcome to the Jungle, notamment certaines expressions. De nombreux candidats utilisent l’argument «J’ai fait le tour de mon job» pour expliquer leur désir de changer de poste, mais ce discours est rarement bien accueilli par les recruteurs.

Cependant, cet argument n'est pas toujours bien reçu par les recruteurs, notamment en raison de son interprétation ambiguë. La directrice d’un cabinet de recrutement explique que certains RH peuvent avoir «une mauvaise impression» en entendant cette phrase, car elle peut avoir plusieurs significations : manque de liberté, blocage dans l’évolution professionnelle, etc. Mais cette affirmation peut avoir d’autres conséquences cette fois-ci plus préjudiciables. En effet, «avoir fait le tour de son job» peut vous faire paraître arrogant.

Un discours qui peut laisser une impression d’arrogance ou de manque de patience

Tout dépend du ton sur lequel cela est dit, mais certains recruteurs peuvent penser que votre ancien poste n’était plus à la hauteur de votre talent, raison pour laquelle vous cherchez mieux. «Il arrive que, selon la façon de le dire, ou un ensemble de réflexions, des candidats donnent l’impression qu’ils se sentent au-dessus de leur poste et de leur entreprise, ce qui n’envoie pas un bon signal», explique à Welcome to the Jungle, Quentin Dupuy, le co-fondateur d’une start-up de la tech. Car il faut le savoir, même si vous êtes partis en mauvais terme de votre ancienne entreprise, il n’est jamais bon de la dénigrer.

Ensuite, tout dépend de la période de votre carrière où vous employez la formulation. Si vous avez «fait le tour de votre poste» après deux ans, le signal n’est pas bon non plus. «A force, ce genre de phrases peut effrayer les chefs d’entreprise, qui la recevront peut-être comme une alerte à l’impatience et à la lassitude du candidat», au bout de quelques mois seulement, alerte la fondatrice du cabinet CK Talents. Même si changer de poste régulièrement n’est pas forcément toujours vu d’un mauvais œil. En dehors de cet aspect, cette petite phrase peut interroger sur votre motivation ou sur la valeur que vous pouvez ajouter à l’entreprise.

Clarifiez vos motivations pour éviter les malentendus et montrer un réel désir de progression

Enfin, elle peut laisser penser que vous rejetez une partie de votre échec ou de votre lassitude sur les autres. Les recruteurs sont, par exemple, sensibles aux candidats qui ont du recul sur leur ancien poste. Si vous employez cette phrase, il est nécessaire de la clarifier, d’aller plus loin, d’en expliquer les raisons. Voulez-vous grimper dans la hiérarchie ? Accomplir d’autres tâches ? Bénéficier d’un meilleur environnement de travail ? Autant de questions qui restent en suspens lorsque la phrase est prononcée à la va-vite. Dans tous les cas, il est conseillé de l’éviter. «Pourquoi tourner les choses ainsi ? Le but d’un entretien n’est pas de montrer qu’on veut fuir une entreprise, mais bien qu’on veuille en rejoindre une autre», résume Quentin Dupuy.