Réquisitions en série. Après l’annonce, le 15 mars dernier, de la réquisition d’éboueurs en grève contre la réforme des retraites par le préfet de police de Paris, celle des Bouches-du-Rhône a fait savoir, ce mardi 21 mars, qu’elle avait réquisitionné du personnel du dépôt de Fos-sur-Mer “pour assurer la continuité des services essentiels”. De même pour certains salariés grévistes de 11 stations-service du département. Et ce, “pour que les professions et services prioritaires puissent s’approvisionner en carburant dès (ce mercredi) matin”, a expliqué la préfète de police des Bouches-du-Rhône sur Twitter.

“Cette entrave au droit de grève est inadmissible”, a jugé le député LFI Hendrik Davi, qui a appelé sur son compte Twitter à se mobiliser “contre la réquisition des salariés de Fos-sur-Mer”. Mais ce n’est pas la première fois que le gouvernement réquisitionne des salariés grévistes. Il y a déjà eu recours en octobre 2022 dans le but de faire face à la pénurie de carburants liée aux grèves des personnels des grands groupes pétroliers pour leurs salaires. À l’époque, la CGT avait jugé cette pratique “illégale” dans un communiqué.

Pourtant, le gouvernement a bien la possibilité de réquisitionner des salariés d’entreprises privées. À condition de respecter de (très) nombreuses règles. “C’est une décision qui est très encadrée juridiquement parce que c’est une décision de dernier recours”, a ainsi rappelé le ministre des Transports, Clément Beaune, sur Franceinfo, lundi 20 mars. Dans quelles conditions des salariés peuvent-ils être réquisitionnés par le gouvernement, que risquent-ils s’ils ne respectent pas leurs obligations… Capital fait le point en trois questions sur le cadre juridique entourant cette pratique.

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