Le 30 janvier prochain, à Onnaing, cela fera vingt-cinq ans que les champs de betteraves ont cédé la place aux carcasses d’acier et aux robots. Et que sous le ciel du Nord, le drapeau japonais a été hissé à l’entrée de ce site industriel. Alors que plus de 5 millions de voitures ont défilé sur les lignes de production depuis 2001, année du démarrage de l’usine Toyota, les «Toyotistes» savourent cet anniversaire avec un sentiment de revanche. Car si les élus locaux avaient redoublé de diplomatie pour séduire les délégations nippones, les constructeurs français voyaient d’un mauvais œil l’arrivée d’un concurrent étranger sur leurs terres. «On n’a pas besoin de Toyota», grondait alors le directeur de l’usine Renault de Douai, à 60 kilomètres de là.

Mais les automobilistes, eux, n’ont pas boudé la marque asiatique. Si bien que dans un contexte morose pour le secteur, le seul site tricolore du groupe tourne encore aujourd’hui à plein régime : après avoir battu son record de production en 2024, il espère réitérer l’exploit en 2025, en visant les 280 000 unités. Que cet objectif soit atteint ou non, cela devrait confirmer son titre de plus grosse usine automobile de France, loin devant le fief de Stellantis à Sochaux (Doubs) et le site Renault de Maubeuge (Nord), qui avaient respectivement fabriqué 187 000 et 148 000 véhicules sur les 10 premiers mois de l'année 2025. «Nous avons le bon produit au bon moment», se félicite Rodolphe Delaunay, président de Toyota Motor Manufacturing France (TMMF). Ce bon produit, c’est la Yaris Cross Hybride, fer de lance du made in France malgré son logo japonais.

© Samuel Dhote

Les bâtiments de l’usine d’Onnaing s’étendent sur 17 hectares. C’est 30% plus compact qu’un site automobile classique, ce qui permet de faire des économies d’énergie.

Des fournisseurs français

En ce mois de novembre, ce modèle de SUV compact était d’ailleurs garé dans la cour du palais de l’Elysée, à l’occasion de la Grande Exposition du fabriqué en France, à côté des parapluies de Cherbourg et du fil à tricoter meusien. Car cette voiture à 28 800 euros n’est pas seulement la plus produite dans l'Hexagone, elle fait aussi partie des «plus françaises» d’entre elles. Parmi la trentaine de modèles assemblés dans le pays, ils ne sont en effet que cinq, dont la Yaris Cross, à avoir décroché le label Origine France Garantie, qui certifie qu’au moins la moitié de leur valeur est réalisée en France.

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