
Afin «d’accélérer la transition écologique des véhicules», selon l’État, le leasing social a été mis en place le 1er janvier 2024 par le gouvernement. Ce dispositif, qui rentrait dans l’enveloppe prévue au remplacement du parc automobile avec la prime à la casse et le bonus écologique, permet de bénéficier d’une location longue durée (minimum trois ans) pour une voiture électrique, pour un montant de 100 euros par mois. Au terme du contrat, le locataire peut ensuite décider de rendre le véhicule ou de l’acheter à sa valeur résiduelle.
L’objectif affiché noir sur blanc par l’État était, initialement, de «permettre aux ménages les plus modestes de passer à l’électrique». Mais des voix s’élèvent contre les critères de ce dispositif, qui aurait également profité à des étudiants de grandes écoles de commerce, raconte Le Parisien, dimanche 20 octobre 2024. Les étudiants de ces écoles (qui sont, pour la majorité, issus de familles aisées), auraient en effet réussi, grâce à leur gratification de stage, à justifier des revenus qui rentraient dans les cases des bénéficiaires. Or, à la sortie de leurs études, ils pourront prétendre à des salaires bien plus élevés, en profitant toujours du dispositif longue durée.
Un « petit scandale »
«L’info a bien circulé» dans les réseaux étudiants, peste un concessionnaire auprès du Parisien. Un haut fonctionnaire de Bercy parle lui d’un «effet d’aubaine» et même d’un «petit scandale». Avec 50 000 dossiers validés (l’État avait initialement limité le dispositif entre 20 000 et 25 000 commandes) dès les premières semaines, le leasing social avait été arrêté dès le mois de février, dépassant ses objectifs pour l’année complète.
Le leasing social devrait toutefois être relancé début 2025. Ce dispositif s’obtient sous conditions. Le revenu de référence par part du foyer fiscal doit être inférieur à 15 400 euros. De plus, il faut habiter à plus de 15 kilomètres de son lieu de travail et utiliser son véhicule personnel pour s’y rendre (l’employeur doit fournir une attestation justifiant la distance domicile-travail). Ceux qui ne sont pas salariés doivent fournir une attestation sur l’honneur et une preuve d’affiliation à un régime de sécurité sociale.


















