Donald Trump menace l’Union européenne avec de nouveaux droits de douane, et c’est l’Allemagne qui devait en payer le prix fort. Dans un message publié sur son réseau Truth Social, vendredi 1er mai, Donald Trump a assuré qu’il allait passer «la semaine prochaine» les droits de douane des pays importés de l’UE vers les États-Unis à 25%. L’accord commercial conclu entre l’Union européenne et les États-Unis l’été dernier prévoyait 15% de droits de douane. Cela pourrait coûter très cher à l’Allemagne. Selon l’institut économique Kiel pour l’économie mondiale (IfW), cité par BFMTV, cela pourrait atteindre les 15 milliards d’euros de production pour nos voisins outre-Rhin.

«Les effets seraient substantiels» et pourraient même atteindre les 30 milliards d’euros à long terme. Il faut dire que le secteur automobile est très porteur en Allemagne, notamment grâce à ses exportations, y compris vers les États-Unis. Avec des droits de douane aussi élevés, même le gage de qualité que représente la fabrication allemande ne pourrait compenser des prix qui seront bien plus élevés. D’autres pays dont le secteur automobile est fort, comme la Slovaquie, la Suède ou l’Italie, devraient être très impactés par cette hausse des droits de douane.

Un accord non respecté et une dispute avec le chancelier

Pour expliquer une telle menace, Donald Trump accuse les Européens de ne pas respecter l’accord commercial conclu cet été avec Ursula von der Leyen. C’est exactement ce que reproche l’Union européenne aux États-Unis. Mais les récents échanges houleux entre Donald Trump et Friedrich Merz ne sont peut-être pas étrangers à une telle hausse des droits de douane, qui impacte autant l’Allemagne. Lundi 27 avril, le chancelier allemand a jugé que «les Américains (n'avaient) visiblement aucune stratégie» en Iran et que Téhéran «humiliait» les États-Unis.


À Berlin, on appelle à la patience pour le moment. Le principal conseiller du ministre allemand des Finances, Jens Suedekum, conseille de «simplement attendre et observer pour l’instant». Il argumente qu’il est «bien connu que Donald Trump est prompt à suspendre ou à retirer ses menaces tarifaires grandiloquentes». Mais la fédération de l’industrie automobile allemande (VDA) demande à ce que l’accord commercial soit «respecté par les deux parties».