
Outre-Atlantique, ce mercredi 2 avril, c’est le «Liberation Day» ou jour de la libération, promis par Donald Trump depuis déjà quelques semaines. Le président des Etats-Unis n’a plus qu'un mot à la bouche : «tarrifs», droits de douane en Français, ou «le plus beau mot du dictionnaire» selon le milliardaire.
Depuis son arrivée à la Maison Blanche, le chef d’Etat américain a déjà augmenté les droits de douane sur toutes les marchandises en provenance de Chine, le premier concurrent des Etats-Unis en matière de commerce international, mais aussi sur une partie des produits mexicains et canadiens ainsi que sur tout l’acier et l’aluminium entrant aux Etats-Unis à hauteur de 25%.
Il a aussi annoncé la mise en place de droits de douane de 25% sur les importations d’automobiles et leurs composants à compter de ce mercredi 2 avril. On se rappelle également des diverses menaces qu’il a pu faire planer depuis sa réélection notamment celle de mettre en place des droits de douane de 200% sur les vins et spiritueux européens.
Les marchés dans l’attente des nouvelles annonces de Donald Trump
À 16 heures, heure locale (22 heures à Paris), Donald Trump prend la parole depuis la Maison Blanche pour annoncer une nouvelle vague d’augmentation des droits de douane. «Le président annoncera un plan tarifaire qui fera reculer les pratiques commerciales déloyales qui dépouillent notre pays depuis des années. Il fait dans le meilleur intérêt du travailleur américain», a expliqué lundi la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, aux journalistes américains.
En début de semaine, Donald Trump a assuré qu’il serait «très gentil» avec les partenaires commerciaux des Etats-Unis. Ces derniers préparent leur réplique. «Nous ne voulons pas nécessairement prendre des mesures de représailles», mais «nous disposons d'un plan solide pour le faire si nécessaire», a par exemple affirmé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Côté bourse, les marchés retiennent leur souffle en attendant les fameuses annonces de Donald Trump qui arriveront après la fermeture de Wall Street. Rien qu’en Europe : les marchés étaient en repli ce matin. La Bourse de Paris perdait 0,63%, Francfort 0,74% et Londres 0,23%. Pour l’instant, aucun élément n’a fuité dans la presse américaine mais plusieurs options sont envisagées.
Deux options envisagées par l’administration Trump pour augmenter les droits de douane
Il pourrait d’abord s’agir de droits de douane réciproque. Autrement dit, les Etats-Unis appliqueraient des tarifs douaniers équivalents à ceux imposés par leurs partenaires commerciaux, explique CNN Business. «Il est (...) temps d’exiger la réciprocité, il est temps qu’un président opère un changement historique, qu’il fasse ce qui est juste pour le peuple américain, et cela se produira mercredi», a notamment affirmé la porte-parole de l’administration Trump.
Le gouvernement américain pourrait alors se baser sur les «Dirty 15». Il s’agit des 15% des partenaires commerciaux des Etats-Unis qui imposent les droits de douane les plus élevés. Selon le rapport 2024 sur le déficit commercial du Département du commerce américain, les pays suivants composent cette liste : la Chine, l’Union européenne, le Mexique, le Vietnam, l’Irlande, l’Allemagne, Taïwan, le Japon, la Corée du Sud, le Canada, l’Inde, la Thaïlande, l’Italie, la Suisse, la Malaisie et l’Indonésie.
Autre hypothèse : Donald Trump pourrait finalement opter pour une augmentation générale des droits de douane concernant l’ensemble des importations sur le territoire américain à hauteur comprise entre 15 et 20%. «Le président a fait pression en faveur d’un tarif douanier universel ces derniers jours, estimant qu’il était plus simple que la mesure spécifique à chaque pays», rapporte le quotidien américain The Washington Post.
Vers un ralentissement de l’économie américaine ?
En 2024, les importations des Etats-Unis ont atteint quelque 3 300 milliards de dollars, un montant supérieur au Produit intérieur brut annuel de la France. Peter Navorro, économiste américain, nommé conseiller au commerce et à l’industrie, estime qu’augmenter les droits de douane pourrait générer 600 milliards de dollars par an.
Pour autant, la taxation douanière vise d’abord à inciter les Américains à consommer des produits made in USA puisque mécaniquement les prix des marchandises importées augmenteront de façon parallèle à la hausse des droits de douane. Face à la menace d’un ralentissement de l’économie américaine, la banque Goldman Sachs a revu ses prévisions économiques à la baisse. Elle prévoit un taux de croissance annuel de seulement 1% d’ici la fin de l’année et a indiqué qu’il a plus d’une chance sur trois qu’une récession économique ait lieu d’ici 2026.



















