Avec l’affaire des airbags Takata, le gouvernement resserre les vis et la négligence n’est plus permise. Et votre passage au contrôle technique pourrait bien devenir la dernière étape incontournable pour garantir que votre voiture, et celles des autres, ne représente aucun danger sur la route. D’ailleurs, la surprise risque d’être de taille : vous pourriez ne pas repartir avec votre véhicule. Depuis le 15 février dernier, à la demande des pouvoirs publics, les rapports de cet examen périodique obligatoire indiquent si votre voiture est concernée par une campagne de rappels, en l'occurrence celle des airbags défectueux. Jusqu’à maintenant, il s’agissait d’une information donnée au propriétaire afin qu’il puisse prendre rendez-vous avec son concessionnaire pour entreprendre les réparations nécessaires. Sans pour autant le contraindre à une contre-visite, assurance du remplacement des airbags.

Le contrôle technique, ou comment ne plus échapper aux rappels !

Les ministères de l’Intérieur et de la Transition écologique ont décidé de revoir la réglementation pour s’assurer justement de la prise en charge de chaque véhicule dangereux. Ainsi, selon la Fédération de la distribution automobile (Feda), deux textes réglementaires – un décret et un arrêté – sont en préparation, pour faire du contrôle technique un acteur clé dans la gestion de ces campagnes de rappels, ou un «levier complémentaire, sans toutefois se substituer aux obligations d’information et d’action des constructeurs», explique-telle. Ces derniers devront transmettre à l’Organisme technique central (OTC), aux autorités compétentes et aux centres de contrôle technique, toutes les données relatives aux campagnes de rappels. Les contrôleurs pourront vérifier si votre voiture fait l’objet d’une convocation au garage pour une intervention liée à la sécurité ou à l'environnement et si les réparations nécessaires ont bien été réalisées. Vos coordonnées, recueillies lors de l'examen, permettront aussi de faciliter la mise en relation avec le constructeur si vous êtes concerné, dans le strict respect du règlement européen sur la protection des données personnelles (RGPD).

Si votre véhicule est identifié comme présentant un danger grave et immédiat, le contrôle technique pourra être assorti d’une contre-visite obligatoire et d’une défaillance critique. Comprenez que votre voiture sera dite «immobilisée» et interdite à la circulation car votre certificat de contrôle technique ne sera valable que 24 heures. Soit le temps de vous rendre en urgence chez un réparateur agréé. En espérant qu'il puisse s’occuper de vous rapidement et vous laisser un véhicule de prêt.

Ces deux textes de lois pourraient entrer en vigueur dès le 1er janvier 2026. C’en serait alors fini des courriers envoyés aux propriétaires sans réponse, faute de mise à jour des fichiers d'immatriculation, les rappels devenant donc impossibles à ignorer… Reste à savoir si le prix de la contre-visite sera à la charge de l’automobiliste ou du constructeur.

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