
Les concessionnaires européens de Stellantis tirent la sonnette d'alarme. Dans un courrier adressé à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, quatre associations représentant les distributeurs des marques Alfa Romeo, Citroën, Fiat, Jeep et Peugeot font part de leurs vives inquiétudes, rapporte le site L’Automobiliste, lundi 7 octobre. Les concessionnaires demandent le report des objectifs stricts d’émissions de CO2 prévus pour 2025. Cette lettre, obtenue par l’agence américaine Bloomberg News, dévoile un profond désaccord entre les distributeurs du groupe automobile et leur directeur général Carlos Tavares.
Les concessionnaires de Stellantis estiment que les nouvelles normes européennes qui doivent entrer en vigueur dès le 1er janvier 2025 sont non seulement irréalistes mais aussi dangereuses pour la survie du réseau de distribution automobile. «Les objectifs de réduction des émissions de CO2 pour 2025 sont inatteignables dans les conditions actuelles du marché», ont-ils écrit. Selon eux, il existe un écart grandissant entre les ambitions de l’Union européenne (UE)et la réalité du terrain.
Des prix trop chers et un manque d’infrastructures
Les concessionnaires pointent du doigt deux problèmes majeurs. Tout d’abord, le prix des véhicules électriques, qui, selon eux, reste inabordable pour la majorité des clients. «Nous sommes en contact quotidien avec des clients finaux qui rejettent fréquemment les véhicules électriques en raison de préoccupations concernant le prix, l’autonomie et l’accessibilité», ont-ils indiqué. Puis, les distributeurs soulignent également le manque d’infrastructures de recharge, qui complique l’adoption des véhicules électriques et rend donc difficile d’atteindre les objectifs de vente fixés par Stellantis, précisent nos confrères.
De son côté, Carlos Tavares s’était fermement opposé, le 15 septembre dernier, à un report des règles européennes sur les émissions de CO2. Il qualifiait de «surréaliste» toute tentative de modifier ces objectifs si près de leur entrée en vigueur. Une position à contre-courant de celle de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) qui, elle, redoute des sanctions en cas de non-respect de ces nouvelles normes pouvant atteindre jusqu’à 15 milliards d’euros pour les constructeurs automobiles européens.


















