
Il y a plus de six mois, Enedis alertait : parmi ses 35 millions de clients, au moins 100 000 trafiqueraient leur compteur. Une opération, réalisée par leur propriétaire ou achetée à de pseudos «spécialistes», permet d’afficher une consommation d'électricité plus basse, voire nulle. Et les exemples sont nombreux, le dernier en date étant celui d’un agriculteur, sans consommation d’électricité au compteur pendant près de deux ans. Pour l’énergéticien, ces fraudes ont un coût énorme chaque année, plusieurs centaines de millions d’euros.
Alors, face à ces actes qui explosent, Enedis a décidé de partir à la chasse des fraudeurs en multipliant les contrôles, indique Le Journal du Geek. Actuellement au nombre de 250, les agents qui traquent ces fraudes vont doubler d’ici 2026, pour passer ainsi à 500. Une décision dans la lignée des annonces faites en octobre dernier où les contrôles avaient été renforcés dans plusieurs régions, que ce soit l’Occitanie, l’Ile-de-France, la Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’Auvergne-Rhône-Alpes et le Grand Est.
Une mise en conformité aux frais des fraudeurs
Dorénavant, tous les fraudeurs pris la main dans le sac seront «informés par courrier de l’identification de la fraude, ainsi que de l’organisation d’une visite d’un technicien Enedis, chargé de remettre leur installation en conformité, et à leurs frais», indique l’énergéticien. Mise en conformité et amende au bout, la double peine ! Car il faut le rappeler, grâce à ces contrôles, Enedis peut repérer directement toute intervention sur un appareil avant de le surveiller.
De plus en plus de particuliers et de commerçants s’adonnent à ces trafics de compteurs qui sont pourtant punis par la loi. Une amende de 75 000 euros pour vol d’énergie peut être décrétée et couplée à une autre pour escroquerie. Dans les cas les plus graves, l’amende peut donc grimper à plus d’un million d’euros (personnes morales). En cas de récidive, des peines de prison peuvent aussi être décidées.
Un enjeu également sécuritaire
Cette opération coup de poing vise à alerter les consommateurs, mais également à les dissuader. A noter que si un particulier refuse l’accès à son compteur Linky, Enedis se réserve le droit de couper l’accès au réseau du client. Enedis rappelle enfin qu’en dehors de l’aspect financier, toute «modification non conforme d’une installation électrique présente un risque sérieux pour la sécurité des biens et des personnes, tant pour les clients que pour les techniciens intervenant sur les installations».















