C’est un produit star des étals de marché et de vos apéros chaque été : la tomate cerise. En pleine saison, on en trouve un peu partout, à tous les prix et de différentes origines. Et c’est bien ce que déplorent les producteurs français alors que ce petit fruit est cultivé massivement dans le pays. Parce que dans le même temps, chaque année, le Maroc envoie 275 000 tonnes de tomates cerises dans l’Hexagone, et à des tarifs qui défient toute concurrence, explique Franceinfo.

Une barquette cristallise notamment les tensions. Trouvable dans de nombreux magasins, et remplie de tomates produites au Maroc, elle est vendue moins d’un euro. «Il suffit d'aller regarder dans les magasins, c'est une barquette qui est présente douze mois sur douze en fond de rayon à 99 centimes d'euro la barquette», fustige le président de l'association Tomates et concombre de France, et aussi patron de la coopérative Savéol, Pierre-Yves Jestin. Comment est-ce possible ? Notamment grâce à un accord européen de 2012 qui prévoit une réduction des droits de douane.

Une main-d’œuvre plus chère en France

Face à cette concurrence qu’ils jugent déloyale, ils ont donc lancé une barquette «souveraine» soutenue par le ministère de l’Agriculture afin de mettre en avant le savoir-faire français. Mais ils ne peuvent pas descendre sous les un euro (elle est vendue 1,29 euro, ndlr) à cause du coût de la main-d’œuvre : «Aujourd'hui, on a un coût de l'heure en France qui doit se situer aux alentours des 15 euros. Quand on compare ça avec le Maroc qui est à un euro de l'heure, et en sachant que le premier coût de production sur une tomate cerise, c'est la main-d'œuvre», déplore-t-il au micro de Franceinfo.

Aujourd’hui, pour les producteurs, l’accord de 2012 est insensé, puisqu’il avait été pensé pour les tomates traditionnelles afin de répondre à un marché hivernal en berne en Europe. A l’image de la tomate cerise (115 000 tonnes consommées en 2025), les framboises et les myrtilles figurent parmi les fruits préférés des Français. Si les producteurs français de myrtilles ont fait état d’un démarrage précoce de la saison, le pic de récolte n’est pas attendu avant la mi-juin.

Pourtant, comme les framboises, on les trouve sur les étals et dans les supermarchés depuis plusieurs semaines déjà, la plupart importées du Maroc, une nouvelle fois, ou du Portugal. Le pays a d’ailleurs fortement augmenté ses surfaces consacrées à la culture des fruits rouges ces dernières années. Une concurrence, là encore, dénoncée par les producteurs…