L’Europe et la France savent désormais à quelle sauce elles seront mangées dès le 1er août. Après des semaines de négociations, un accord a finalement été trouvé entre Donald Trump et Ursula von der Leyen dimanche 27 juillet. Pour éviter 30% de droits de douane, l’Union européenne a consenti à des taxes de 15% sur les exportations européennes en direction des États-Unis. Jusqu’alors, ces droits de douane étaient évalués à environ 10%. Si Donald Trump a usé de superlatifs comme à son habitude, parlant de «plus grand ‘deal’ jamais passé», la présidente de la Commission européenne évoquait un «bon accord» pour l’Union.

Mais ce n’est pas vraiment du goût de la France. Dans un post publié sur le réseau social X ce lundi matin, le ministre français délégué chargé de l’Europe concède que cet accord va «apporter une stabilité temporaire». Benjamin Haddad reconnaît également qu’il exempte «des secteurs clés pour l’économie française», que ce soit l’aéronautique, les spiritueux ou les médicaments et qu’«il a exclu toute concession pour nos filières agricoles sensibles» tout en préservant «notre réglementation européenne sur des sujets comme le numérique ou le sanitaire».

Benjamin Haddad réclame l’instrument anti-coercition

Toutefois, «il est déséquilibré», déplore le ministre français. Cet accord «ne peut pas être durable», met-il en garde, avant d’attaquer les Etats-Unis : «Le libre-échange qui a fait la prospérité partagée des deux rives de l’Atlantique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale est aujourd’hui rejeté par les Etats-Unis qui font le choix de la coercition économique et du mépris complet des règles de l’OMC.» Pour Benjamin Haddad, si l’Europe n’en tire pas les conséquences rapidement, elle «risque l’effacement».

Benjamin Haddad considère également que faire de telles «concessions ne fera qu’encourager la prédation à l’extérieur, et le rejet de l’Europe au sein de nos frontières par nos citoyens». Alors, quelles solutions ? La France penche sur de nouvelles discussions pour «rechercher l’équilibre commercial» avec les Etats-Unis. Le ministre demande une nouvelle fois l’utilisation de l’instrument anti-coercition, notamment pour «taxer les services numériques ou les exclure de marchés publics».

Trop de normes en Europe ?

L’intérêt européen serait également de «réduire massivement les normes et régulations qui continuent de peser sur la compétitivité des entreprises européennes» ou encore revoir «les politiques d’aide d’Etat et de concurrence obsolètes de la Commission européenne» afin de protéger les industries «de la concurrence déloyale à l’échelle internationale». Enfin, il faut soutenir l’innovation. «On ne peut pas être les derniers dindons de la farce de règles que plus personne ne respecte», lance Benjamin Haddad.