
Et si le prix de l’eau dépendait désormais de la météo ? A Villeneuve-Loubet, dans les Alpes-Maritimes, la facture d’eau va évoluer selon les saisons. A partir de juin, le prix du mètre cube augmentera de 40% pendant l’été, avant de baisser de 45% en octobre. Une tarification saisonnière destinée à encourager une consommation plus responsable en période de forte chaleur. Le principe repose sur le «signal prix», explique Nicolas Doze, éditorialiste économie sur LCI ce vendredi 15 mai. Comme pour l’électricité avec les heures pleines et heures creuses, il s’agit de faire varier le coût pour influencer les comportements. Quand la ressource devient plus rare en été, son prix augmente.
Le maire LR de Villeneuve-Loubet, Lionnel Luca, assume pleinement cette logique. Il entend ainsi lutter contre les usages jugés excessifs en été, comme le lavage des voitures en plein mois d’août ou les consommations élevées alors que la commune peut faire face à des pénuries d’eau. L’objectif affiché est clair : éviter les gaspillages lorsque la pression sur les réseaux augmente.
Une facture annuelle qui ne devrait pas augmenter
Concrètement, la commune applique un tarif de 4,40 euros le mètre cube entre juin et septembre, contre 2,58 euros le reste de l’année. Selon la municipalité, ce système n’augmentera pas la facture d’eau annuelle des habitants disciplinés : ceux qui adaptent leur consommation ne devraient pas payer plus cher sur l’année. La métropole de Toulouse a déjà mis en place un système similaire depuis 2024, avec une économie estimée à 800 000 mètres cubes d’eau par an, dont 500 000 durant la période estivale.
A Montpellier, une autre approche a été testée dès 2023 : les premiers mètres cubes sont facturés à prix réduit, puis le tarif augmente par paliers. Résultat, la consommation a reculé d’environ 3%. Partout en France, les collectivités explorent ainsi des modèles différents, mais reposant sur un même principe : plus la consommation augmente, plus le prix grimpe. Une logique économique simple, mais qui pourrait devenir de plus en plus visible à mesure que les épisodes de sécheresse se multiplient.



















