Faut-il s’inquiéter pour nos vacances d’été ? Alors que le prix du kérosène flambe, certaines compagnies aériennes ajustent déjà leur offre, entre annulations de vols ciblées et hausse des prix des billets. Dans ce contexte, Thomas Juin, président de l’Union des aéroports français et francophones associés (UAF), se veut rassurant. «Il n’y aura pas de pénurie pour la période estivale (…) Il y aura suffisamment de stocks de carburant pour passer l’été», a-t-il affirmé ce jeudi 7 mai sur RMC.

Il tempère toutefois ce constat : «On passera l’été, mais le secteur ne sortira pas indemne de cette crise énergétique qui s’annonce structurelle.» Et d’ajouter : «Tout le secteur sortira très fragilisé. Ce qui est à craindre, c’est qu’on subisse le contrecoup à l’automne Les professionnels du transport aérien gardent en mémoire la situation de 2025, marquée par «une deuxième vague de suppression de lignes» à l’automne «suite au triplement de la taxe sur les billets d’avion».

Une taxe qui fragilise le secteur aérien

«On a eu pratiquement 1 000 000 de sièges supprimés sur nos aéroports français en faisant cette taxe», a estimé Thomas Juin. «On s’achemine vers une situation où on va subir une situation de crise où les compagnies aériennes ont été fragilisées et donc vont être amenées à faire des arbitrages assez sévères sur les aéroports français», a-t-il ajouté.

Lors d’une réunion tenue la veille avec le gouvernement, les acteurs du secteur ont demandé d'«effacer le triplement de la TSBA», la taxe sur les billets d’avion. Thomas Juin précise toutefois que, pour l’exécutif, ce n’était «pas le moment d’aborder ce sujet». À l’issue de cette rencontre, le ministre de l’Économie Roland Lescure a assuré qu’il n’y avait «a priori aucune crainte» de voir une pénurie de kérosène dans le transport aérien en mai et juin, évoquant «sans doute peu de risque» pour la suite.

Le président de l’UAF souligne également le retard de la France par rapport à ses voisins européens, qui «n’a pas retrouvé son niveau d’avant Covid, ce qui n’est pas le cas en Espagne, au Portugal, en Italie où ils sont à plus 15%, plus 20%». Il appelle à «une politique fiscale aérienne qui soit pragmatique et qui ne soit pas contre-productive pour notre secteur».

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