
Les abonnés EDF Tempo ont vu rouge en mars. «Merci à EDF pour nous avoir fait découvrir le Groenland pendant 12 jours.» Ce message, posté sur un groupe Facebook réservé aux clients de l’offre, illustre bien la frustration de certains consommateurs. Comme le rappelle RTL, l’offre Tempo repose sur un principe simple mais exigeant : l’électricité coûte moins cher les jours où la demande est faible et beaucoup plus cher les jours de forte consommation.
Chaque jour, EDF informe ses abonnés de la couleur du jour : bleu pour faible consommation, blanc pour intermédiaire et rouge pour forte consommation. Pendant un jour rouge, le prix du kilowattheure peut être trois fois supérieur à celui des jours bleus ou blancs, obligeant à reporter certaines utilisations d’électricité ou à limiter le chauffage. Or en mars, la surprise a été rude : 13 jours rouges en un seul mois, contre seulement 1 en février, 6 en janvier et 2 en décembre.
Un hiver particulièrement doux
Mais pourquoi un tel décalage ? EDF rappelle que l’offre Tempo ne fixe pas elle-même la couleur des jours : c’est RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, qui détermine les jours rouges en fonction des prévisions de consommation. Ces jours correspondent généralement aux pics hivernaux, lorsque le chauffage électrique tourne à plein régime. Chaque année, 22 jours rouges doivent être placés entre le 1er novembre et le 31 mars, en évitant les week-ends et jours fériés.
Comme l’explique RTE, «ces 22 jours sont systématiquement placés. Ils intègrent un critère de niveau de consommation d’électricité à l’échelle nationale, qui dépend elle-même de différents facteurs et notamment des conditions météorologiques». Or, cet hiver a été particulièrement doux : les Français ont moins utilisé leur chauffage qu’à l’accoutumée, et la tension entre offre et demande d’électricité a été plus faible que d’habitude. Néanmoins, le gestionnaire a dû placer ses jours rouges dans le calendrier et a choisi de les concentrer du 16 au 31 mars, sans interruption hormis les week-ends.
«On va commencer à respirer»
Sur le groupe Facebook, les abonnés ont partagé leur exaspération avec humour ou désarroi :«Demain, nous allons pouvoir rallumer le chauffage… pour faire fondre la glace», ou encore «On va commencer à respirer», comme l'a repéré RTL. Une abonnée indique que, à énergie consommée égale, le mois de mars lui a coûté 35 euros de plus que février. Un autre a même résilié son contrat avant mars, expliquant en avoir «marre de payer 5 euros (s)es journées fantômes».
De son côté, RTE se défend en rappelant que l’option Tempo et les offres de fourniture, «librement souscrites» par les consommateurs concernés, respectent des «règles transparentes», soulignant que la répartition des jours rouges est définie dans un cadre réglementaire strict.

















