Les abonnés à l’option Tempo d’EDF surveillent de près la fin de la saison hivernale. Sur les 22 jours rouges prévus chaque année dans ce contrat d’électricité, plus de la moitié n’ont toujours pas été déclenchés pour l’hiver 2025-2026. Une situation qui soulève une question : faut-il s’attendre à une succession de journées très coûteuses d’ici la fin mars ? Ces inquiétudes sont compréhensibles, car les jours rouges correspondent aux périodes où l’électricité est la plus chère pour les clients Tempo.

Pendant les heures pleines, le prix du kilowattheure peut dépasser les 70 centimes. Or, alors que la période hivernale touche bientôt à sa fin, 13 de ces jours rouges restent encore théoriquement disponibles. Face à cette incertitude, certains abonnés envisagent déjà de réduire fortement leur consommation dans les semaines à venir. Mais une autre hypothèse gagne du terrain : tous les jours rouges restants pourraient finalement ne pas être activés, rapporte Frandroid.

Jours rouges : inutiles ou contre-productifs ?

Pour comprendre, il faut rappeler le fonctionnement du dispositif. Les couleurs Tempo ne sont pas décidées par EDF, mais par le gestionnaire du réseau électrique français, RTE. Celui-ci active les jours rouges lorsque la demande d’électricité risque de dépasser les capacités de production, afin d’inciter les consommateurs à limiter leur consommation. Or, pour l’instant, le contexte énergétique apparaît plutôt favorable. La production d’électricité en France reste élevée, notamment grâce à un parc nucléaire bien disponible et à des énergies renouvelables qui fonctionnent à un bon niveau, expliquent nos confrères.

Dans le même temps, la demande reste relativement modérée, les températures étant assez douces pour la saison. Dans ces conditions, déclencher plusieurs jours rouges pourrait avoir un effet paradoxal. Les abonnés Tempo réduiraient fortement leur consommation, ce qui risquerait d’accentuer un éventuel excédent d’électricité sur le réseau. Autrement dit, ces journées très coûteuses pourraient devenir inutiles, voire contre-productives.

Pour autant, les abonnés Tempo ne sont pas totalement à l’abri d’une surprise. La situation énergétique européenne reste fragile, notamment en raison de la guerre au Moyen-Orient. Si certains pays voisins rencontrent des difficultés d’approvisionnement, la France pourrait être amenée à exporter davantage d’électricité, ce qui augmenterait la pression sur le réseau. Dans ce cas, RTE pourrait finalement décider d’utiliser les jours rouges encore disponibles.