«Après les hausses de prix sur les bouteilles de verre, la flambée du prix du malt, le coût de l’électricité, le spectre d’une nouvelle taxe sur la bière inquiète les brasseurs.» C’est avec ces mots que BFMTV décrit, dans un article publié le 29 octobre 2024, la situation préoccupante des brasseurs de houblon face à une possible nouvelle taxe sur la bière qui pourrait prochainement entrer en vigueur. Les professionnels du secteur redoutent que cette taxe ne rogne davantage des marges déjà très faibles, les contraignant peut-être à augmenter une nouvelle fois les prix.

Dimanche, dans un entretien à La Tribune, la ministre de la Santé Geneviève Darrieussecq s'est dite favorable samedi à une taxation des sucres transformés. Cette mesure, soutenue en commission des Affaires sociales, vise notamment les bières aromatisées et sucrées ou à «fort degré alcoolique». L’idée serait de créer une extension de la «cotisation Sécurité sociale» ou une taxe liée à la teneur en sucre des produits alimentaires transformés.

Des artisans qui craignent pour leur avenir

«Nous avons une bière blonde à 5,30 euros les 75 cl. Avec de nouvelles taxes, nous allons passer à 6 euros la bouteille. Le consommateur sera-t-il prêt à débourser ce tarif pour se faire plaisir ?», s’interroge Jérôme Gervais, gérant de la brasserie Brewbaix à Roubaix, auprès de BFMTV. Cette augmentation pourrait freiner la consommation et fragiliser encore plus les brasseries locales.

Pour Magali Filhue, déléguée générale chez Brasseurs de France, il s’agit d’un «matraquage fiscal» qui va «impacter les Hauts-de-France», une région brassicole traditionnelle. «La région Hauts-de-France compte plus de 200 brasseries et 10 000 emplois directs et indirects», indique-t-elle. Cette taxe pourrait donc avoir des répercussions économiques significatives sur cette région emblématique.

Malgré les assurances de la ministre, qui affirme qu’«il ne s’agit pas de pénaliser les artisans», les brasseurs restent sceptiques. Selon les professionnels, une brasserie ferme chaque semaine en France, un rythme alarmant qui pourrait s’accélérer avec cette nouvelle taxation. Les marges étant déjà réduites, les brasseurs craignent de ne plus pouvoir absorber ces coûts supplémentaires sans répercuter les prix sur les consommateurs.