De nos jours, de nombreux jouets contiennent des petites lumières, principalement des LED. Que ce soit des jeux de société, des camions, des toupies, des tablettes à dessiner, des peluches ou encore des poupées… tous peuvent contenir des petites lumières bleues. Or, celles-ci peuvent s’avérer dangereuses pour la rétine des enfants, met en garde l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) dans un communiqué publié ce 1er octobre. L’établissement public met aussi en garde contre des risques de perturbation du rythme biologique, dont le sommeil, en cas de forte exposition, notamment le soir.

Mais pourquoi une telle alerte alors que ce type de jouet respecte des normes européennes ? En réalité, la norme européenne (2009/48/CE) a été mise à jour en 2020. Selon l’Anses, elle «ne permet pas de garantir le respect des valeurs limites assurant la protection des yeux des enfants». Après son entrée en vigueur en 2022, cette norme révisée a fait l’objet d’une expertise approfondie de la part de l’Anses sur demande des ministères en charge de la Santé et de l’Économie et des finances. L’établissement public a mis au jour des «erreurs», comme des jouets déclarés conformes alors qu’ils «dépassent les valeurs limites d’exposition».

L’Anses réclame la suspension de la norme révisée

Les experts ont analysé 19 LED différentes présentes dans des jouets disponibles sur le marché. Et les conclusions de l’Anses sont sans appel : «La version 2020 de la norme est moins protectrice que la précédente, de 2005.» En effet, il en ressort que huit des jouets testés n’auraient pas pu être vendus si la norme de 2005 était toujours en vigueur. «Le respect de la nouvelle version de la norme ne permet donc pas de garantir les exigences de sécurité oculaires pour prévenir tout risque pour les yeux des enfants», ajoute l’Anses.

Dans ce contexte, l’Anses demande expressément la suspension de l’application de la norme actualisée, mais également une révision du cadre normatif afin de revenir, temporairement, à celle de 2005. Ce n’est pas la première fois que l’Anses met en exergue la dangerosité des lumières bleues.

Deux expertises ont déjà été réalisées en 2010 et 2019, soulignant qu’une exposition répétée «peut provoquer des dommages à la rétine, notamment augmenter le risque de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA)». L’Anses recommande donc de limiter l’exposition des enfants aux lumières bleues ou blanches et d’éviter d’utiliser des jouets lumineux «deux heures avant le coucher».