Votre facture d’eau va-t-elle augmenter dans les prochaines années ? C’est en tout cas la tendance qui se dessine selon une étude publiée ce mercredi 10 juin par la Banque postale, les intercommunalités et la banque publique de développement SFIL. Alors qu’en 2024, les dépenses totales des services d’eau et d’assainissement était de 15,4 milliards d’euros, le scénario tendanciel de cette nouvelle étude table d’ici à 2040 sur une «augmentation de moitié» contre un «doublement» de ce budget dans le scénario le plus ambitieux, rapporte BFMTV.

Parmi les causes avancées sur cette flambée de la facture figure notamment l’application de la «Deru 2». Cette nouvelle directive européenne sur les eaux usées rejetées dans la nature qui prévoit notamment l’élimination des micropolluants doit en effet être transposée dans les droits nationaux européens d’ici le 31 juillet 2027. Or, renouveler les infrastructures pour permettre leur maintien en état nécessiterait par ricochet «d’augmenter les tarifs du service d’eau potable d’au moins 3,5% à 6%» chaque année. Quant à ceux du service d’assainissement ils pourraient augmenter de 3,5% à 4% par an, et ce, jusqu’en 2040 souligne l’étude.

Plusieurs leviers possibles

Selon Olivier Grimberg, le directeur secteur public local de SFIL plusieurs marges de manœuvre existent pour «augmenter ce prix de l’eau» tout en soulignant au passage que les ménages français consacrent aujourd’hui en moyenne environ 1% de leur budget pour la facture d’eau, soit un montant inférieur à celui pour payer la téléphonie (2%). Quant aux collectivités, celles-ci pourraient s’appuyer sur le levier de l’endettement pour lequel il existe plusieurs marges de manœuvres selon Olivier Grimberg.

Enfin, en ce qui concerne «le grand cycle de l’eau» qui comprend, entre autres, la restauration des milieux ou encore la préservation des ressources, les auteurs de l’étude préconisent de recourir à la taxe Gemapi (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations). Aujourd’hui facultative, cette taxe peut être levée par l’intercommunalité et s’élevait en 2025 en moyenne à 9,2 euros par habitant. Alors que son plafond autorisé est de 40 euros, les auteurs de l’étude évoquent ainsi près de 2,3 milliards d’euros de ressources supplémentaires. Toutefois un problème se pose : une telle hausse sera-t-elle acceptée par les contribuables ?