Cela vous est peut-être déjà arrivé, sans que vous ne tombiez dans le piège. L’histoire commence par un SMS qui n’a rien d’exceptionnel. Selon TF1, Jean-Charles, un habitant d’Île-de-France, reçoit un soir un message qui l’alerte que son colis ne peut pas être livré. Dans ce texto, il y a un lien vers un site web, qui, en théorie, devrait lui permettre de donner un autre lieu de livraison. Ce lien le dirige en fait vers une imitation du site de Mondial Relay. Au premier coup d'œil, le site paraît légal et rassurant. Jean-Charles saisit donc ses coordonnées bancaires pour régler des «frais de réexpédition». Le lendemain, un homme qui se présente comme un conseiller bancaire l’appelle et l’alerte sur des mouvements suspects de fonds sur son compte personnel. Dans la panique, Jean-Charles suit les consignes indiquées au téléphone et transfère près de 6 000 euros sur un compte qu’on lui présente comme sécurisé. Malheureusement, il s’agissait d’un vol.

Jean-Charles explique à TF1 avoir été impressionné par la vraisemblance de cette arnaque : l’homme au téléphone connaissait toutes ses informations, qu’il s’agisse de son adresse ou de son nom. Et il savait par ailleurs parfaitement établir une forme de confiance avec son interlocuteur. Malheureusement, une fois que Jean-Charles se rend compte de l’arnaque, la banque n’accepte de lui rembourser qu’une partie de la somme. Cette opération de phishing repose sur des envois massifs de SMS et des campagnes très bien ficelées.

Les données revendues à prix d’or

Derrière ces campagnes extrêmement efficaces, ce sont des dizaines de professionnels de l’arnaque qui se cachent, structurés en groupes organisés. TF1 a pu interviewer l’un de ces arnaqueurs, qui se dit «spammeur». Son rôle : envoyer uniquement des SMS frauduleux. Selon lui, il arriverait à récolter une centaine de cartes bancaires par jour. Il revend ensuite leurs informations entre 20 et 25 euros pièce. Et dans ce marchandage, les cartes Gold coûtent bien plus cher.

Pour réussir à récolter autant de données sans jamais se faire repérer, les «spammeurs» utilisent des cartes SIM achetées ou volées. Ensuite, les données qu’ils collectent sont revendues sur des marchés numériques et génèrent des milliers d’euros toutes les semaines. Une économie souterraine bien huilée.