
Sommaire
- Navigation : un robot artiste (3,5/5)
- Aspiration : à l’aise sur sols durs (4/5)
- Lavage des sols : un rouleau efficace, mais gare aux tapis (4/5)
- Ergonomie de l’application : simple et sans fioritures (4/5)
- Entretien : une option payante pour plus de simplicité (3,5/5)
- Réparabilité : facile à démonter mais encore faut-il trouver les pièces
- Deux alternatives au Mova S70 Roller
- Conclusion
Avec le S70 Roller, Mova revient à sa stratégie initiale : proposer des appareils performants à des tarifs plus attractifs. Ce robot aspirateur présenté en janvier dernier lors du grand salon de l’électronique américain, le CES, reprend tous ces marqueurs qui nous avaient séduits lors de l’arrivée de la marque en Europe en 2023, mais dont elle s’était un peu éloignée. Une belle puissance d’aspiration, une technique de lavage réservée jusque-là à des modèles plus haut de gamme, une station autonome, le tout pour un prix sous la barre des 700 euros. Alléchant. Mais, pour y arriver, la firme, « ancienne » filiale de Dreame, a dû procéder à quelques sacrifices qui ternissent un peu le tableau. De quoi fermer la porte de notre guide des meilleurs aspirateurs robots à ce Mova S70 Roller ? C’est ce que nous allons vérifier dans ce test.
Navigation : un robot artiste (3,5/5)
« Analyse complète, navigation précise », clame Mova sur son site Web pour vanter les capacités d’orientation et d’évitement d’obstacles de son S70 Roller. On aurait aimé le croire. Mais, la réalité est malheureusement toute autre.
Pour se diriger dans la maison, l’appareil se repose sur un LiDAR baptisé CovertSense, niché dans une large fente à l’avant. Il s’agit d’un laser dToF (pour Direct Time of Flight) qui permet d’évaluer les distances. En misant sur ce dispositif, le S70 Roller fait l’impasse sur une tourelle sur son capot et grappille quelques centimètres de hauteur. De quoi en faire l’un des aspirateurs robots à rouleau les plus fins du moment avec 9 cm d’épaisseur. Pratique pour passer sous les meubles bas. Bien joué. Et ça semble bien fonctionner… au début.

Durant notre test, le S70 a dressé une carte du logement relativement fidèle à la réalité. Il s’est emmêlé dans la nature des sols (en confondant carrelage et parquet) et a parfois peiné à distinguer les seuils de quelques pièces. Rien de dramatique qui ne puisse se corriger a posteriori depuis l’appli. C’est une fois que la carte est définie, et modifiée si besoin, que les ennuis commencent.
Le S70 Roller a souvent du mal à se repérer. Il tourne sur lui-même avant de se lancer et s’interrompt même pendant ses tâches de nettoyage pour faire un point. Son LiDAR ne pouvant couvrir un champ à 360°, il ne possède pas d'autre moyen de savoir où il se trouve. Surtout, il adopte une navigation complètement farfelue. La majorité des robots commencent par longer les bords de la pièce avant d’effectuer des allers-retours bien rectilignes au centre, puis de façon perpendiculaire lorsque l’on demande d’emblée deux passages. Le S70 Roller, lui, fait fi de cette rigueur militaire pour laisser parler son âme d’artiste. Il peut nettoyer d’abord la moitié d’une pièce de manière totalement arbitraire (sans même en faire le tour), dessiner des arabesques, revenir sur ses traces, contourner des obstacles invisibles, recommencer, passer trois voire quatre fois au même endroit et en délaisser un autre, etc.

Il n’y a aucune logique ou cohérence dans sa navigation. Après tout, pourquoi pas. Cependant ces circonvolutions lui jouent des tours. Il lui est arrivé plus d’une fois de passer à côté de zones pourtant identifiées et accessibles sans les nettoyer. Surtout, ces allers-retours à répétition ont un impact significatif sur le temps passé à nettoyer et sur l’autonomie de la batterie. Le lavage en deux passages d’une pièce de 25 m² lui a ainsi pris 75 minutes et 55 % de batterie consommée. Incompréhensible.

Quant à l’évitement d’obstacle, ce n’est pas un expert en la matière non plus. S’il détecte correctement les pieds de tables ou de chaises, il est moins à l’aise avec les petits objets et les câbles qui peuvent traîner au sol. Mieux vaut procéder à du rangement avant de le mettre au travail.

Reste enfin les seuils qui lui demandent un temps de réflexion. Il peut hésiter pendant plusieurs dizaines de secondes devant une barre de seuil de 1,5 cm de haut, avant de se décider à la franchir en un ou plusieurs essais. Ce n’est vraiment pas un baroudeur. Il n’a même pas tenté de passer par-dessus le pied de notre fauteuil traîneau (2 cm).
Aspiration : à l’aise sur sols durs (4/5)
Le Mova Z70 Roller se dote d’un moteur capable de déployer une puissance de 28 000 Pa, ce qui s’avère très honorable et même confortable pour un milieu de gamme. Pour mener à bien sa tâche, il se dote également d’une brossette latérale extensible afin de longer les murs et les meubles. Sa puissance d’aspiration se définit sur cinq niveaux, de Silencieux à Max avec un boost activable (Max+) à la demande. Côté bruit, ce n’est pas le plus discret, avec une plage située entre 58 dB(A) et 62 dB(A) mesurés selon le mode d’aspiration.
Sur sols durs, le S70 Roller ne rencontre pas de difficultés. Poussières, cheveux, poils d’animaux et autres débris plus gros comme les grains de litière, de riz ou de semoule ne lui résistent pas. Il s’applique également en longeant les murs et les meubles bas. Sa brossette latérale ne rechigne pas à s’étendre. Il ne laisse que très peu de déchets derrière lui dans ces zones moins faciles d'accès. Un bon point.

Sur tapis et moquettes, il est plus à la peine. Bien qu’il soit capable de reconnaître ces types de surface, nous avons dû lui indiquer la présence du tapis à poils longs posé à son intention dans le salon. Sans cela, il l’évitait ou passait dessus sans augmenter automatiquement sa puissance d’aspiration.

Sa brossette latérale peut rester active, mais elle se montre moins efficace que sur sols durs pour rapatrier vers la bouche d’aspiration les petits débris. Deux, voire trois passages restent nécessaires pour obtenir un résultat convaincant sur ce type de surface.
Lavage des sols : un rouleau efficace, mais gare aux tapis (4/5)
Pour procéder au lavage des sols, le S70 Roller est équipé d’un rouleau serpillière rotatif. Une technique qui a largement prouvé son efficacité, quelles que soient les marques l’ayant adoptée. Comme chez la concurrence, le rouleau est rincé en permanence avec de l’eau propre grâce à 12 buses placées au-dessus. L’eau souillée, récupérée à l’aide d’une raclette, est évacuée dans un petit collecteur amovible niché à l’arrière de l’appareil.

Le rouleau exerce une pression au sol d’environ 1,7 kg afin d'éliminer les traces tenaces. Il mesure 27 cm de long, ce qui lui permet de couvrir une belle surface, et peut se déporter de 4,4 cm sur le flanc droit du robot pour longer les murs et les pieds de meubles. Sur le papier, le S70 Roller dispose de presque tout le nécessaire pour effectuer un lavage efficace. Presque, car il lui manque deux éléments. D’abord, il est dénué de caméra dopée à l’IA pour détecter les liquides renversés au sol et adapter la stratégie adaptée. Ensuite, le rouleau se contente de se relever de 12 mm pour passer sur les tapis. L’appareil ne dispose pas de clapet pour le masquer et éviter que de l’eau ne dégouline. Mieux vaut le savoir si vous disposez de tapis épais.
Si l’on met de côté sa navigation erratique, en mode lavage, le S70 est tout à son aise. La quantité d’eau utilisée pour mouiller la serpillière peut s’établir sur 32 niveaux, afin de s’adapter aux parquets et carrelages. Avec les traces sèches et peu incrustées, un seul passage suffit. Le robot laisse derrière lui une surface propre et brillante. Les plinthes sont correctement lavées. Avec les taches plus coriaces, deux passages (et donc un temps de lavage plus long) ne sont pas de trop. Mais, là encore, c’est un succès.

Quant au nettoyage des liquides renversés comme du café ou de la sauce, il faudra faire preuve d’attention. Le robot peut effectivement s’en charger à condition de ne procéder qu’à un lavage seul (sans aspiration donc). Le but étant d’éviter que sa brossette latérale ne patauge dans le liquide et ne s’encrasse.

La brossette latérale se relève pendant le lavage, mais demeure active si l'on choisit de procéder à la double action aspiration+lavage. Ce n'est donc pas une bonne idée.
Ergonomie de l’application : simple et sans fioritures (4/5)
L’application de Mova pour piloter son robot ressemble en tous points à celle de « l’ancienne » maison mère Dreame. Pour l’anecdote, le robot est identifié par notre routeur Wi-Fi comme un appareil signé Dreame Technology.

Elle en reprend tous les atouts avec une carte facile à manipuler et à modifier. Il est possible d’y placer des meubles virtuels, des tapis ou encore des articles pour animaux. Le robot peut alors mener un nettoyage plus approfondi dans ces zones. L’appli se limite au strict nécessaire et n’embarque pas de menus superflus. On constate enfin que si le français est bien proposé pour faire retentir les messages d’annonce du robot, il prend parfois un fort accent québécois.
Entretien : une option payante pour plus de simplicité (3,5/5)
Le S70 s’accompagne inévitablement d’une station d’accueil qui s’occupe de tout. Son look est assez classique. Mova a opté pour des lignes droites et affirmées. Elle se révèle assez compacte (34 x 25,5 x 50,3 cm) et peut facilement trouver sa place dans une petite cuisine. Elle se dote d’un sac à poussière de 3,2 L, placé sous un bac d’eau propre généreux de 5 L et un bac d’eau sale de 4,5 L. De quoi voir venir. On note en revanche l’absence d’un distributeur automatique de détergent. Il faudra donc en ajouter manuellement dans le bac d’eau propre.

Lorsque le robot a fini son office et qu’il rejoint sa station, son collecteur de poussière est bruyamment aspiré (72 dB(A) mesurés à 1 m de distance), mais pas totalement propre. Nous avons constaté qu’une belle quantité de débris demeurait au fond et que le filtre s’encrassait rapidement.

La serpillière est quant à elle lavée avec de l’eau à 80 °C, puis séchée à l’air chauffé à 70 °C pendant au moins 4 heures.
L’entretien de la station elle-même est assez simple. Assez régulièrement, surtout en présence d’animaux domestiques à la maison, il faudra nettoyer la planche de lavage amovible pour la débarrasser des petits débris récalcitrants.

Du côté du robot en revanche, l’entretien peut se montrer plus contraignant. Par défaut, il est dénué de système anti-enchevêtrement. Un système pourtant devenu commun même sur les appareils de cette catégorie. Il faudra donc très régulièrement le retourner et débarrasser sa brosse principale en caoutchouc, et particulièrement ses axes, des cheveux entortillés.

Un petit sacrifice de Mova pour maintenir un coût abordable. Si vous souhaitez vous épargner cette besogne, il faudra dépenser 60 euros supplémentaires pour vous offrir la brosse Tricut en option.
Réparabilité : facile à démonter mais encore faut-il trouver les pièces
Avec un indice de 8,2/10, le S70 Roller n’est pas un mauvais élève. Il récolte un 10/10 pour le rapport qualité/prix des pièces détachées… mais encore faut-il les trouver. Dans le détail, on remarque qu’il obtient un zéro pointé pour la disponibilité des pièces des listes 1 et 2, soit celles dont le bon fonctionnement est nécessaire à l’appareil et celles qui cassent ou tombent en panne le plus fréquemment. Il reste en revanche simple à démonter et ne nécessite pas d’outils spécifiques pour y parvenir.
Deux alternatives au Mova S70 Roller
Ecovacs Deebot T80 Omni
Ecovacs est un peu le pionnier du lavage au rouleau pour les robots aspirateurs. Ce modèle T80 Omni fait montre d’une belle efficacité dans le lavage des sols pour un prix un peu plus attractif.
- Lire le test complet de l'Ecovacs Deebot T80 Omni
Roborock Qrevo Curv 2 Flow
Le Qrevo Curv 2 Flow représente la première incursion du ténor Roborock dans la technique du lavage au rouleau. Une réussite pour ce modèle dont on apprécie toujours le design tout en rondeurs très soigné.
- Lire le test complet du Roborock Qrevo Curv 2 Flow
Conclusion
Le S70 Roller n’est pas un mauvais bougre. Il est juste… différent. Il a une façon de naviguer bien à lui, assez éloignée des standards traditionnels. Ses pérégrinations et ses allers-retours aléatoires peuvent prêter à sourire, mais ils s’effectuent au détriment du temps passé à effectuer sa tâche. Dommage car côté qualité de nettoyage, il s’en sort plutôt bien. Mova maîtrise le lavage au rouleau pour rendre les sols propres et brillants. Sa capacité d’aspiration se révèle également suffisante pour entretenir régulièrement les sols durs, un peu moins les tapis. Enfin, la station d’accueil fait plutôt bien son boulot et embarque des bacs d’eau d’une capacité confortable pour ne pas avoir à s’en occuper trop souvent. Mova doit juste remettre son S70 Roller dans le droit chemin en lui appliquant un peu plus de discipline dans ses déplacements pour en faire un bon compagnon de ménage.
- Navigation : 3/5
- Qualité d’aspiration : 4/5
- Qualité de lavage : 4/5
- Ergonomie de l’application : 4/5
- Entretien : 3,5/5
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