Presque une décennie que le V8 subsistait dans le catalogue de Dyson et chez les revendeurs. Il aura fallu attendre l’avènement du V16 Piston pour que le constructeur anglais se penche sur le cas de son plus vieil aspirateur balai encore commercialisé, pour créer une véritable porte d’entrée dans son univers, pourtant si élitiste.

Voyant le V8 toujours aussi populaire malgré son âge, il est probable que Dyson ait saisi l’opportunité de faire du neuf avec du vieux, pour raviver la poule aux œufs d’or en minimisant les efforts. Difficile d’y voir autrement en parcourant la fiche technique et les promesses du nouveau V8 Cyclone : “30 % de puissance supplémentaire et jusqu’à 50 % d’autonomie en plus” nous dit-on, quelques subtiles modifications çà et là, le tout à 400 euros au lancement.

Dans l’univers Dyson, ce V8 Cyclone paraît comme une affaire face aux dispendieux V15/V16 perchés à plus de 800 euros – si évidemment les performances sont bel et bien au rendez-vous. Face à la concurrence actuelle, on espère que Dyson s’est efforcé de se mettre à niveau sur tous les plans, sans se reposer uniquement sur l’efficacité d’aspiration qui a forgé sa réputation.

Ergonomie : simple à prendre en main, avare en fonctions (3/5)

Au premier coup d'œil, rien d’autre que le coloris ne semble différencier le V8 Cyclone du V8 d’antan. Combinaison de matériaux, design, taille et poids (2,6 kg, 1,65 kg en mode aspirateur à main sans accessoires) : le V8 Cyclone de 2025 est pratiquement la copie conforme de son aîné. On reconnaît rapidement les éléments qui composent le modèle original de Dyson, qui s’assemblent et se détachent sans effort particulier, et la qualité de conception, franchement à la hauteur d’un aspirateur à ce tarif.

Dyson a fait un effort sur la discrétion pour ce V8 Cyclone, qui opte pour des couleurs moins tapageuses
Dyson a fait un effort sur la discrétion pour ce V8 Cyclone, qui opte pour des couleurs moins tapageuses © Benoit Campion pour Capital

C’est en le manipulant qu’on commence à découvrir quelques différences pratiques. Premièrement, le commutateur de choix de la puissance d’aspiration se transforme en un bouton mécanique, mais qui présente cette fois une troisième position de puissance minimale, à l’instar de tous les aspirateurs modernes. Depuis le V16, Dyson semble aussi en avoir fini avec la gâchette qui disparaît sur ce V8 Cyclone, au profit — là encore — d’un simple bouton mécanique.

Le coloris et le pictogramme différencient les deux seuls boutons du Dyson V8 Cyclone, sans quoi il aurait facile de s’y perdre lors des premières utilisations
Le coloris et le pictogramme différencient les deux seuls boutons du Dyson V8 Cyclone, sans quoi il aurait facile de s’y perdre lors des premières utilisations © Benoit Campion pour Capital

On apprécie aussi que le fabricant ait simplifié le détachement de la batterie de l’aspirateur, qui se fait dorénavant comme ses derniers modèles : en actionnant un simple verrou mécanique. Plus besoin d’outils, et on peut aussi recharger la batterie seule, puisque le connecteur est directement logé dessus. C’est d’ailleurs sur le démontage et la disponibilité des pièces que le V8 Cyclone récolte le maximum de points de réparabilité. Mais comme toujours avec Dyson, la douloureuse pèse lourdement sur sa note (7,4/10) : les pièces détachées de ce modèle ne sont pas encore recensées sur le site officiel, mais il faudra probablement s’attendre à plus de 100 euros pour une batterie par exemple.

Le comportement du V8 Cyclone est proche de ses comparses : il autorise de francs virages sans déraper, et sa tête reste bien collée au sol même en position très basse, bien qu’on demeure limité par la poignée basse à l’autre bout.
Le comportement du V8 Cyclone est proche de ses comparses : il autorise de francs virages sans déraper, et sa tête reste bien collée au sol même en position très basse, bien qu’on demeure limité par la poignée basse à l’autre bout. © Benoit Campion pour Capital

De retour sur la prise en main du V8 Cyclone, on constate que l’aspirateur n’a rien perdu de son agilité : grâce à sa rotule très souple au niveau de la tête d’aspiration, il se guide aisément, même sur de longues sessions. Aucun effort supplémentaire n’est requis pour comprendre son fonctionnement, néanmoins, on peut être déçu voire irrité par tant de minimalisme. On aurait aimé plus de bonnes surprises…

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Premier manquement : un affichage ultra-dépouillé, avec une unique LED multicolore pour signaler le mode d’aspiration activé. Au vu de son placement peu pratique, on se contentera de se fier à son oreille si l’on peut. De fait, le V8 Cyclone ne dispense aucune indication pour connaître avec un minimum de précision l’état de la batterie, aussi bien pendant l’utilisation que pendant la recharge : un simple clignotement en cas de batterie faible, ou un arrêt de la LED bleue positionné sur la batterie lorsqu’elle est pleine.

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Certains argueront que ces spécificités étaient absentes du V8 de 2016, quand bien même, ces manquements font tache pour un aspirateur balai commercialisé en 2025. Aucun concurrent direct ne se permet d’être aussi pingre, et Dyson a eu tout le temps nécessaire pour amortir ses éventuels coûts de développement. À défaut d’un écran sophistiqué, quelques LEDS bien visibles auraient pu suffire, tout comme une rampe lumineuse au bout de la tête d’aspiration. Dans ce contexte, ne vous attendez pas à une aspiration dynamique (variant en fonction du type de sol ou des particules détectées) ni à un tube coudé intégré.

Accessoires : une polyvalence limitée (3/5)

Côté accessoires, le V8 Cyclone n’en fait pas trop. L’aspirateur balai de Dyson est fourni avec l’indéboulonnable suceur long, mais fait l’impasse sur la brosse douce. À la place, on trouve une mini-brosse motorisée, fort pratique et efficace, mais on aurait bien aimé avoir les deux. D’ailleurs, le socle mural ne semble pas avoir été pensé pour ce tour de passe-passe, puisqu’il n’est pas possible de ranger les deux côte à côte. Étrange…

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Comme beaucoup d’autres, le V8 Cyclone peut être agrémenté de divers accessoires commercialisés à l’unité par le fabricant. Celui-ci prévoit d'ajouter une station de vidange/recharge dans un futur proche. Il faudra aussi se contenter d’une seule tête d’aspiration, seule la Motorbar est fournie.

Performances d’aspiration : l’efficacité au rendez-vous (4,5/5)

Le V8 Cyclone montre toute son efficacité là où on l’attendait le plus : l’aspiration. Dépourvu de brosse douce Fluffy, il se montre plus habile sur les tapis que sur les sols durs, où deux à trois passages en mode intermédiaire suffisent à faire place nette sur des surfaces encombrées, même avec des poils/cheveux. Pour préserver l’autonomie sur les séances longues, il est possible de débrayer sur le niveau le plus faible. La puissance d’aspiration demeure suffisante pour décrocher les petits débris, les poils pas trop entortillés et la poussière en surface, au prix de quelques allers-retours. Le mode intermédiaire fait le job dans la plupart des cas, l’usage du mode Turbo – très énergivore – n’est pertinent que lorsqu’on veut décrocher des poussières profondément ancrées dans les fibres sur une petite surface.

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La différence de performances face aux Dyson plus prestigieux se remarque sur la capacité de l’aspirateur à contenir les déchets au passage de la tête d’aspiration, plus que sur la puissance d’aspiration brute. Le V8 a en effet tendance à repousser les petits déchets très légers (grains de riz, petits cailloux…), ce qui se remarque plus franchement sur sols durs avec la seule brosse qui l’accompagne. On peut donc perdre un peu de temps pour nettoyer une zone en allant les chercher (un ou deux coups de poignets supplémentaires), rien qui soit problématique cependant.

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Sur ce type de sol, le mode éco/puissance faible peut être utilisé pour un ménage quotidien, récolter la poussière en surface, les débris… sans avoir à s’y reprendre énormément pour bien nettoyer. On peut aussi compter sur le V8 Cyclone pour bien aspirer le long des plinthes, l’aspirateur ne laisse aucune trace derrière lui lorsqu’on plaque bien la tête d’aspiration. Il n’y a que pour nettoyer une zone encombrée ou pour déloger les saletés dans les interstices du bois qu’un passage en mode intermédiaire, voire Turbo/max, sera absolument obligatoire.

Niveau sonore : une nuisance relativement contenue (4/5)

Le V8 Cyclone opère assez silencieusement. La nuisance causée par l’aspirateur balai en mode d’aspiration minimum et intermédiaire reste dans une fourchette largement acceptable : nous avons mesuré respectivement 63,5 et 64,5 dB SPL (A) à 1 mètre, et environ 68 et 70 dB SPL (A) à proximité directe de l’aspirateur. Une bonne partie du bruit perçu provient de la rotation de la brosse Motorbar, ce qui explique que l’on gagne 1 ou 2 dB lorsqu’on passe sur un tapis (la résonance produite est légèrement absorbée). Pour le reste, le sifflement plus aigu et le bruit du souffle causés par le bloc-moteur sont largement supportables.

© Benoit Campion pour Capital

Le mode Turbo est sans surprise plus gênant, mais là encore, on a connu pire. Le sifflement et le souffle se font bien plus entendre, on en oublie assez vite la composante du bruit émis par la Motorbar : on passe alors à 70 dB SPL (A) à 1 mètre et 74,5 dB environ à proximité directe de l’aspirateur.

Autonomie : un résultat décent, tant qu’on s’éloigne du mode Turbo (3,5/5)

Sur l'autonomie, le V8 Cyclone fait mieux que son prédécesseur, notamment grâce au troisième mode d’aspiration ajouté. Comme d’autres, le fabricant nous promet “jusqu’à 60 minutes” d’autonomie dans la configuration la moins énergivore. Dans un cas d’usage plus courant, notre exemplaire de test s’est essoufflé après 43 min et 15 secondes en mode aspirateur balai et en puissance minimale. C’est une durée réaliste, car les performances d’aspiration restent acceptables dans ces conditions.

© Benoit Campion pour Capital

En mode intermédiaire, l’autonomie descend mais reste suffisamment généreuse : environ 29 min et 30 secondes, toujours avec la Motorbar. Le mode maximal/turbo est quant à lui extrêmement énergivore et revient au niveau du V8 original, avec une durée d’utilisation de 8 min tout au plus. On s’attendait à mieux, heureusement qu’on a rarement recours à ce dernier pour aspirer efficacement. La recharge de l’aspirateur prend environ 2 h 40 min, ce qui est raisonnable et nettement plus rapide qu’auparavant.

Entretien : sans grande complexité (4,5/5)

Sans station dédiée, le système de vidange du V8 Cyclone est identique à celui du V8 de 2016 : on ouvre la trappe inférieure du collecteur de déchets, en extrayant le bloc-moteur/filtre à l’aide de la poignée. Ce système astucieux, bien qu’un peu moins évident à utiliser que le “point & shoot”, a fait ses preuves et permet de détacher aisément les moutons de poussières. Il est très rare d’en venir aux mains. S’il n’y avait qu’une chose à reprocher à ce niveau, cela serait la capacité du collecteur (0,5 L), plus adaptée aux petits appartements.

© Benoit Campion pour Capital

Pour ce qui est de la brosse de la tête d’aspiration, un effort est requis pour l'extirper et la repositionner car il faut nécessairement un outil (pièce de monnaie, clé). Rien de complexe, mais on a connu plus pratique. Si on vit dans un milieu chargé en poils et cheveux, il n’est pas exclu que l’on en retrouve de temps en temps autour de la brosse. De notre expérience de test, le phénomène reste assez rare.

© Benoit Campion pour Capital

Détacher les filtres en mousse et HEPA est toujours un jeu d’enfant sur le V8 Cyclone : on tire ou on dévisse d’un quart de tour. Qui plus est, le besoin en entretien est largement réduit grâce à l’efficacité du système de filtration multicyclonique. Même après deux semaines d’utilisation quotidienne intensive et un stress test maison, les filtres sont quasi immaculés.

Les meilleures alternatives au Dyson V8 Cyclone

Dyson V10 Absolute

Le V10 Absolute est l’une des “anciennes” références Dyson qui se trouve directement confrontée au V8 Cyclone. Bien souvent proposé au même prix, il n’y a pas vraiment d’arguments pour préférer le petit nouveau tant le V10 le surclasse sur la polyvalence d’utilisation. Cela est aussi valable pour le V12, que l’on peut trouver en promotion à moins de 400 euros. L’excellent V15 Origin n’est également pas très loin, aux alentours de 450 euros.

Dreame Z30

Si l’on veut sortir de l’univers Dyson et maximiser le confort d’utilisation, le Dreame Z30 est certainement l’une des meilleures alternatives à ce jour. Généreux sur les accessoires, l’autonomie et les petites fonctionnalités pratiques, tout en étant aussi performant que son rival, il trouvera sa place dans n’importe quel intérieur grâce à sa grande polyvalence, notamment là où les poils d’animaux sont légion.

Conclusion

Dyson a-t-il trouvé, avec son V8 Cyclone, la juste formule pour faire craquer les budgets un peu plus serrés ? Sans être parfaitement catégorique, on peut répondre à cette question par la négative. Déjà, on s’attendait à ce que le constructeur britannique soit plus audacieux sur la mise à niveau de son modèle emblématique. Un peu plus puissant et plus endurant, certes, mais l’intérêt du nouveau modèle ne va pas beaucoup plus loin. Qui plus est, il est frustrant de voir autant de petites limitations sur le plan du confort d’utilisation, alors que la concurrence directe est plus généreuse sur ce point.

Pour résumer, l’aspirateur oublie certains rudiments en ne misant que sur ses qualités d’antan. On ne fait pas un mauvais choix en s’équipant du nouveau V8 Cyclone, loin de là, mais il existe des alternatives à tarif équivalent qui valent certainement plus le coup sur l’expérience globale, en commençant au sein même de l’écurie Dyson. À la faveur des promotions, on trouve des modèles antérieurs plus généreux en fonctions et en accessoires. Et la concurrence n’est pas en reste non plus…

Note du produit : 3,8/5

  • Ergonomie : 3/5
  • Accessoires : 3/5
  • Performances d’aspiration : 4,5/5
  • Niveau sonore : 4/5
  • Autonomie : 3,5/5
  • Entretien : 4,5/5

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