
La Russie muscle son arsenal militaire. La menace des missiles air-air à capacité nucléaire, vestige de la Guerre froide, refait surface. Un récent rapport de l’Agence de renseignement de la défense du Pentagone (DIA) alerte sur l’apparition de nouveaux missiles russes susceptibles de porter une charge nucléaire, une évolution qui inquiète les experts en défense, comme le rapporte le journal L’Indépendant, ce jeudi 22 mai.
Cette révélation, relayée notamment par le site spécialisé The War Zone, évoque une «expansion globale» de l’arsenal nucléaire russe. Une «évolution significative des capacités aérospatiales», confirme de son côté le média militaire bulgarianmilitary.com. Au cœur de cette inquiétude : la nouvelle version du missile R-37M, «connu de l’OTAN sous le nom d’AA-13 Axehead», selon les spécialistes. Redouté pour sa portée exceptionnelle de 400 kilomètres et sa capacité à neutraliser des cibles critiques comme les radars aéroportés, les tankers ou encore les chasseurs ennemis, ce missile pourrait désormais intégrer une capacité nucléaire. Une évolution stratégique majeure.
Un signal fort technologique et géopolitique
Un pilote ukrainien, cité par The War Zone, témoigne de l’impact du R-37M sur les opérations aériennes : ce missile «limitait nos capacités à mener nos missions. Bien sûr, en manœuvre, nous ne sommes pas en mesure d’effectuer une frappe aérienne ou autre, donc la situation reste très, très, très difficile dans les airs et très, très risquée. Si vous n’êtes pas au courant du lancement d’un missile, vous êtes mort».
Russia is deploying new R-37 air-to-air missiles equipped with nuclear warheads, according to U.S. intelligence.
— WarTranslated (@wartranslated) May 22, 2025
Despite Putin’s claims that Russia supposedly stands for all things good and opposes all things bad, all evidence points to the contrary. pic.twitter.com/hcClCKmxFL
Pour l’heure, aucun élément ne prouve que la Russie envisage d’utiliser ces missiles à capacité nucléaire dans le cadre du conflit en Ukraine. Mais leur simple existence représente déjà un signal fort, à la fois technologique et géopolitique. Un moyen de renforcer la dissuasion nucléaire alors que Moscou disposerait, selon le même rapport, «de 1 550 ogives stratégiques déployées et jusqu’à 2 000 ogives non stratégiques». Le retour de ces missiles relance les questions sur la modernisation des armes nucléaires et les limites à ne pas franchir.


















