Aurélie B., ancienne trésorière de Kiabi soupçonnée d’avoir détourné 100 millions d'euros via une fraude financière en 2023, a été remise en liberté en février sous bracelet électronique. La femme âgée d’une quarantaine d’années a donc passé un an et demi en détention provisoire, depuis son interpellation en août 2024 digne d’une série Netflix, lorsqu’elle avait atterri sur la piste de l'aéroport de Figari (Corse-du-Sud), à bord de son jet privé.

Retour il y a bientôt deux ans. À cette époque, l’entreprise française de prêt-à-porter Kiabi cherche à récupérer un investissement réalisé en juillet 2023. La trésorière avait fait ouvrir un compte dans une banque allemande afin d'y placer des fonds de l'entreprise, à hauteur de 100 millions d'euros. Problème, lorsque Kiabi se rapproche de la banque à l’été 2024 pour récupérer ce placement, cette coquette somme n’y est plus. L’argent s'était alors volatilisé, selon la technique des «comptes rebonds». Entre-temps, Aurélie B. était partie à Miami pour travailler pour un groupe spécialisé dans le luxe. Kiabi avait alors déposé plainte et le parquet de Paris avait ouvert une enquête.

Accord conclu entre Kiabi et la banque allemande

La somme, après avoir quitté la banque allemande, serait partie vers la Turquie. Le 12 mars, dans un communiqué de presse, la Volksbank Düsseldorf Neuss eG - banque allemande sur laquelle l’ex-trésorière avait placé les 100 millions d'euros - a annoncé avoir conclu un accord, dont le contenu reste secret, avec Kiabi. Information confirmée par l’entreprise française.

Selon cette dernière, grâce à la fraude financière de l’ex-trésorière, trois biens immobiliers ont été achetés à Miami par Aurélie B., via des sociétés écrans, notamment au Wyoming. Ces biens sont une maison pour 18,5 millions d'euros ainsi que deux appartements pour un million d'euros. Ils ont été vendus l'an dernier et l'argent a été placé sous séquestre. Une nouvelle audience est prévue en juin dans laquelle Kiabi espère pouvoir à son issue récupérer environ 20 millions de dollars.