Le départ des Émirats arabes unis de l’Opep+ aurait pu provoquer la panique au sein de l’organisation. Mais celle-ci réagit de manière plutôt calme. Réunis en vidéoconférence, dimanche 3 mai, les pays membres ont confirmé une légère hausse de la production pour le mois de juin, avec 188.000 à 200.000 barils de plus par jour. Il n’est, en revanche, pas fait mention du départ des Émirats arabes unis, rapporte La Tribune. Avant la crise, le pays pompait environ 3,5 millions de barils par jour. Son quota était de 3,4 millions de barils, mais le pays a investi pour atteindre la capacité de 5 millions de barils journaliers d’ici l’année prochaine.

Ainsi, Abu Dhabi a quitté l’organisation pour avoir le champ libre en termes de production. De plus, les installations pétrolières du pays lui permettent de moins dépendre de la situation dans le détroit d’Ormuz que ses voisins. Les Émirats arabes unis ont un accès au golfe d’Oman, en dehors du détroit, et à la mer Rouge pour leurs exportations. Pour profiter de cette situation favorable, l’Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC) a annoncé investir 200 milliards de dirhams (55 milliards de dollars) pour accélérer sa stratégie de croissance.

Un changement de paradigme dans le secteur de l’énergie

Avant cette décision des Émirats, l’Opep avait un fort impact sur le cours du pétrole. L’organisation, appuyée par la présence d’un des plus grands extracteurs de pétrole (EAU) dans ses rangs, pouvait diminuer ou augmenter à sa guise le nombre de barils pompés pour garder l’avantage. Mais sans les Émirats arabes unis, le pouvoir de l’Opep est largement diminué. La ligne directrice de l’organisation était plutôt de préserver la ressource pour des gains à long terme. Mais Abu Dhabi semble lassé de cette stratégie et préfère vendre un maximum de barils au prix fort dans les années 2020.