Le drame a été évité de justesse. Le 18 septembre dernier, au-dessus de l’aéroport de Figari (Corse), deux Rafale de l’armée de l’air qui avaient décollé de la base de Ventiseri-Solenzara ont manqué de peu d’entrer en collision avec un avion touristique. Comme le rapporte le site spécialisé Aerobuzz qui a eu vent de cette information rendue publique au début du mois d’octobre, le petit avion, un Cessna 172, avait décollé de l’aéroport d’Ajaccio.

Alors que l’appareil commercial était en approche de la piste, les pilotes de deux Rafale, eux, avaient été autorisés à faire un passage à contre-QFU, c’est-à-dire à contresens par rapport au sens d’atterrissage et de décollage, avant d’apercevoir le Cessna 172. Ainsi, et afin de l’éviter, les deux pilotes d’avion de chasse ont procédé à «une manœuvre d’évitement», a résumé le Bureau d’enquête et d’analyse pour la sécurité de l’aviation civile (BEA).

Un incident qualifié de «grave»

Contacté par nos confrères de Corse Matin, le chef de la base aérienne de Ventiseri-Solenzara, le colonel Fonck, a confirmé l’incident qui s’est déroulé dans le ciel au-dessus de Figari et qualifié de «grave» par le BEA. Selon ce dernier, les Rafale disposent d’un protocole d’accord leur permettant de pouvoir se poser sur l’aéroport de Figari lorsque cela n’est pas possible sur la base militaire. Ainsi, afin de pouvoir réaliser cet atterrissage, les pilotes «programment ces reconnaissances de terrain pour s’y familiariser», a-t-il indiqué. Et de poursuivre : «Dans ce cadre-là, ils demandent un survol à la tour de contrôle soit pour s’y poser, soit pour la survoler. Et tout cela est contrôlé par l’aéroport

Alors que pour le colonel Fonck, tous les trafics aériens de la zone se conforment aux ordres du contrôleur, de son côté, l’aéroport de Figari a indiqué avoir appris l’existence de cet incident par voie de presse. «Aucun des avions concernés n’a touché les infrastructures de l’aéroport le 18 septembre, jour de l’incident», a notamment tenu à faire savoir l’aéroport auprès de Corse Matin.