Un coup de foudre. C'est ce qu'a ressenti Starr Davis lorsqu'elle a rencontré un bel inconnu au teint parfait et au large sourire lors d'un bref séjour à Houston en mars 2020. Il était charmant et persévérant. Elle lui a donné son numéro de téléphone et ils ont commencé à échanger. Leur idylle a pris un virage majeur quand elle lui a annoncé qu'elle était enceinte. Son comportement agressif a commencé à la mettre mal à la l'aise mais il était le père de son enfant. Alors, avec quelques réserves, elle fait ses valises et quitté New York pour s'installer au Texas avec lui. Sa relation avec son propre père n'avait pas été forte - les choses pourraient être différentes pour son premier-né.

Au début de la pandémie, le fait de pouvoir être en télétravail a facilité la transition. Elle a trouvé un appartement, il a emménagé avec elle et Starr Davis espérait que tout se passerait bien. Or, quelques semaines plus tard, il est devenu violent et il lui a interdit de mettre le nez dehors. Il disait que c'était pour les protéger, elle et leur futur enfant, du Covid-19. Sans amis ni famille proche pour la soutenir, Starr Davis a souffert en silence. Son partenaire surveillait ses moindres faits et gestes. Souvent son seul refuge, c'était le dressing de leur chambre où elle se cachait.

"Je faisais des siestes dans le placard. J'y pleurais", se souvient Starr Davis, au bord des larmes. "J'ai essayé de me suicider dans ce placard".

Starr Davis pense que les accès de violence chez son agresseur existaient déjà avant leur relation mais elle estime que le stress lié à la pandémie les a exacerbés. Selon elle, le contexte a également altéré ses propres décisions. "S'il n'y avait pas eu de pandémie, je serais partie", affirme-t-elle. "Je serais partie, c'est sûr".

Le Covid-19 semble avoir aggravé la situation de nombreuses femmes victimes de violences domestiques. Il est très compliqué d'obtenir des données statistiques sur les violences conjugales subies durant la pandémie d'autant plus que, souvent, les cas ne sont pas signalés. Toutefois, les défenseurs de la lutte contre les violences conjugales signalent une augmentation spectaculaire des appels téléphoniques aux foyers d'accueil pour femmes et aux groupes de soutien.

De nombreux soignants observent des indices tendant à montrer que cette hausse des violences conjugales semble avoir touché de manière disproportionnée les femmes noires, à l'instar de Starr Davis. Les défis sanitaires et économiques engendrés par la pandémie, qui ont également touché les femmes noires de manière disproportionnée, ont probablement aggravé la situation en créant une sorte de cocotte-minute regroupant des facteurs de stress liés à la santé, au logement, à l'emploi et à l'insécurité financière.

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